« La BRI est le coeur battant de la France », soutient Simon Riondet, ancien patron de l’unité d’élite de la police judiciaire

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ENTRETIEN. Après avoir dirigé la prestigieuse Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Paris de 2021 à 2024, le commissaire Simon Riondet porte le projet de création de l’association « Soutien BRI Paris », l’héritage d’une unité mythique du 36 quai des Orfèvres, et les enjeux mémoriels et humains qui entourent le quotidien de ces policiers d’exception.

Valeurs actuelles. Après avoir commandé la prestigieuse Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de 2021 à 2024, pourquoi avoir ressenti le besoin de créer aujourd’hui l’association « Soutien BRI Paris » ?
Simon Riondet.
C’est un travail commun. Mon successeur, Thierry Sabot et tous les membres du bureau de l’association souhaitaient donner une nouvelle visibilité à la BRI. Cette initiative vise à renouer, structurer et même renforcer le lien avec les Français et plus particulièrement, les Franciliens. Cette association vise à soutenir l’action de ces hommes et de ces femmes exceptionnels. Notre bureau réunit tant des grands anciens de la brigade, tel Christian Flaesch (ancien directeur de la police judiciaire) que des personnalités de la société civile comme David Fritz-Goeppinger, un des otages du dernier couloir au Bataclan ou encore le chef étoilé et meilleur ouvrier de France, Frederic Simonin et bien d’autres. C’est l’union de toutes ces bonnes volontés qui a permis la création de l’assocation.La valeur des actes que les opérateurs accomplissent pour la société est incommensurable. Il nous semblait important de se mobiliser afin de les soutenir. Les commander fut un honneur et travailler à leur soutien l’est tout autant.

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Pendant des décennies, les policiers de la BRI ont agi sans rechercher la moindre reconnaissance. Pourquoi est-il devenu important de raconter leur histoire ?
L’un des ADN de la BRI est la discrétion. Le volet judiciaire de nos missions se fait notamment d’initiative. Nos policiers ont leurs informateurs, leurs enquêtes et leurs techniques de filature autant d’éléments sur lesquels ils sont par essence discrets. Et effectivement, cette importante dimension judiciaire fait que la brigade est parfois un peu trop discrète par rapport à ses unités sœurs du GIGN et du RAID. Ensuite je trouve aussi qu’il n’y a rien de pire que d’oublier notre passé. Quand j’étais à la tête de la BRI, lors des cérémonies, j’invitais tous les anciens de la BRI. Nous sommes fiers de nous référer à une telle épopée. L’histoire de la BRI est jalonnée d’interventions et d’enquêtes marquantes : le baron Empain, la prise d’otages à l’ambassade d’Irak, l’arrestation de Mesrine… D’ailleurs l’un des projets de l’association est la création d’un espace mémoriel.

Mesrine, le gang des Postiches, le Bataclan… lorsque vous regardez l’histoire de cette unité, quel héritage souhaitez-vous transmettre aux policiers qui la serviront dans un futur proche ?
D’être à la hauteur de leurs aînés : ils doivent prendre conscience qu’ils sont les héritiers des premiers groupes d’enquêtes de François Le Mouël et de Robert Broussard. L’héritage est donc l’exigence d’excellence opérationnelle. Ces futurs opérateurs devront montrer un niveau supérieur de détermination, d’engagement et de professionnalisme. La criminalité va continuer d’évoluer. Les agents de demain devront être encore plus réactifs, dynamiques et efficaces. Car face aux nouvelles formes de criminalité, la BRI connaîtra une activité opérationnelle encore plus soutenue.

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