Technologies. « Projet Panama » : pourquoi l’IA Claude a acheté puis détruit des millions de livres d’occasion ?
Des livres achetés dans des librairies du monde entier, scannés, puis détruits à la découpe. C’est ainsi que le géant américain Anthropic enrichit et entraîne son intelligence artificielle (IA) Claude ces dernières années, sous le nom de “Projet Panama”. Cet “autodafé” industriel vient d’être révélé après la publication de documents judiciaires, rapporte Le Figaro.
À l’origine, Anthropic faisait l’objet d’une enquête pour avoir téléchargé illégalement des centaines de milliers d’œuvres via des sites pirates, toujours avec le même objectif : alimenter et développer les capacités de son IA, baptisée Claude. Les auteurs de 482 000 avaient fini par monter une action collective en justice contre la société. Deux ans après le début de l’affaire, Anthropic a réglé le 22 juillet dernier 1,5 milliard de dollars à plusieurs milliers d’auteurs.
« Nous ne voulons pas que ça se sache »
Fin de l’histoire pour Anthropic ? Loin de là, puisque de nombreux documents produits dans le cadre de cette action judiciaire et récemment publié ont permis de dévoiler le fameux “Projet Panama”. À partir de 2024, sentant que le piratage de livres présentait des « risques juridiques », selon une note interne, Anthropic a choisi de contacter des librairies du monde entier pour leur acheter des « millions de livres imprimés », souvent d’« occasion », ajoute Le Figaro.
Des commandes aux volumes énormes, passées pour certaines en pleine nuit et toujours via des intermédiaires. Une fois entre les mains d’Anthropic, les livres étaient scannés à échelle industrielle (jusqu’à 2 millions en six mois), puis détruits par « une gigantesque machine hydraulique pour trancher la reliure des ouvrages ». Ce projet à plusieurs millions de dollars permet « de scanner de façon destructive tous les livres du monde ; nous ne voulons pas que ça se sache », prévenait une autre note interne.
Contrairement à sa condamnation pour le téléchargement illégal, Anthropic n’a pas été sanctionné par la justice américaine pour son “Projet Panama”. En revanche, le coût en termes d’image de marque pourrait être terrible. Ces derniers jours, les posts indignés se multiplient sur les réseaux sociaux.
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