L’Ebola en RDC inquiète des étudiants à Moncton

Des étudiants de l’Université de Moncton originaires de la République démocratique du Congo souffrent de voir l’épidémie d’Ebola progresser dans leur pays et d’être séparés de leur famille en raison de mesures frontalières temporaires au Canada.

Tout voyageur étranger ayant séjourné en République démocratique du Congo (RDC) au cours des 21 jours précédents se verra interdire l’entrée au Canada, a annoncé l’Agence de la santé publique du Canada, le 19 juillet.

Cette mesure, qui est en vigueur jusqu’au 29 août, a pour but de réduire le risque d’introduction et de propagation de la maladie à virus Ebola au Canada.

L’info nous a vraiment touchés parce que ça nous faisait très mal d’apprendre cette nouvelle parce qu’on avait des proches qui devaient venir, affirme l’étudiant Benjamin Muland.

Benjamin Muland étudie en administration des affaires à l’Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

Son père et sa mère ont dû annuler leur voyage au Canada où ils voulaient assister à la remise du diplôme de son frère, à Toronto.

Mon frère voulait voir toute la famille au complet, mais, malheureusement, on n’a pas eu cette chance parce que les visas ne pouvaient plus sortir à cause de l’Ebola et de l’événement qui arrive en ce moment et qui nous fait de la peine assez, explique M. Muland.

Ça fait vraiment mal de voir des gens perdre des vies

Les autorités sanitaires de la RDC confirment 4053 cas d’Ebola, dont 1850 décès, rapporte l’Agence France-Presse, vendredi.

L’épidémie attriste l’étudiant Beni Kiwa.

C’est vraiment tragique parce que la maladie a refait surface. Ça existait depuis longtemps. Là, on nous signale des cas qui ont vraiment refait surface et ç’a vraiment l’air grave. Alors, on est vraiment touché par ça. Ça fait vraiment mal de voir des gens perdre des vies comme ça. Bien que nous sommes loin, ça nous affecte, dit-il.

Un jeune homme interviewé sur un campus.

Beni Kiwa, de la République démocratique du Congo, étudie au Canada depuis environ trois ans.

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

L’été, c’est une occasion pour nous de rentrer voir nos familles, un peu passer du temps avec eux, et ça devient vraiment difficile parce qu’on peut bien sûr sortir, mais on ne peut plus revenir. Ça, c’est tragique pour ceux qui étaient déjà dehors et qui doivent commencer une nouvelle session au mois de septembre, ajoute Beni Kiwa.

L’Université de Moncton dit n’avoir reçu aucun signalement d’étudiant déjà inscrit qui ne pourrait pas venir au Canada pour la rentrée en raison des mesures fédérales. Elle n’est pas en mesure en ce moment de confirmer si des étudiants nouvellement admis se voient empêchés d’entrer au Canada.

Les personnes étudiantes qui ne pourraient pas entreprendre leurs études cet automne ont la possibilité de reporter leur admission sans frais, assure-t-elle.

Quant au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, l’interdiction d’entrée au Canada touche environ 70 personnes candidates. L’établissement dit leur avoir proposé diverses solutions, soit le report de leur admission à la prochaine année collégiale, ou un remboursement exceptionnel des sommes versées, selon certaines modalités.

Avec des renseignements de Babatundé Lawani

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