À Paris, le FC Guyane rassemble la diaspora autour du football et des traditions

En région parisienne, la communauté guyanaise a vécu un week-end festif. La deuxième édition de la Yana Cup s’est tenue dans le 15e arrondissement de Paris, sur un stade en plein cœur de la capitale. Football, musique, gastronomie et animations : l’événement organisé par le FC Guyane a mêlé sport et culture le temps d’une journée.

Le principe est simple. Un tournoi de football sert de fil conducteur, autour duquel se déploie un village, le Yana Village, où se retrouvent stands de restauration, animations et prestations culturelles. « L’idée de la Yana Cup, c’est de créer plus qu’une seule compétition autour du football », résume Aymeric Polony, joueur du club et coordinateur de la manifestation.

Un tournoi ouvert à tous les horizons

La compétition a réuni 28 équipes de 12 joueurs, soit environ 300 participants. Toutes les origines étaient représentées, avec des formations africaines, maghrébines et antillaises. Autour du terrain, la journée a attiré au-delà de la seule communauté guyanaise.

Le choix d’un stade en plein Paris n’y est pas étranger. Des passants métropolitains se sont arrêtés, curieux de comprendre ce qui se jouait devant eux. « On a pu faire découvrir à d’autres gens qui ne connaissent pas le FC Guyane qu’on existait, qu’on était présents dans le 15e », raconte le coordinateur.

Un village pour faire vivre la culture

Au-delà du sport, la manifestation a fait la part belle aux traditions. Un groupe folklorique guyanais et un groupe de carnaval de rue, tous deux implantés en région parisienne, se sont produits tout au long de la journée. Le village a aussi mis en avant la gastronomie et le savoir-faire local.

Pour les organisateurs, cette dimension culturelle est essentielle. Elle vise à rappeler une présence et à créer un moment de partage. « C’est important de pouvoir permettre aux gens de montrer le savoir-faire guyanais, principalement en région parisienne », explique Aymeric Polony.

Une édition portée par les réseaux sociaux

Le contraste avec la première édition est net. L’an dernier, la pluie et le faible nombre d’exposants avaient limité l’ampleur de l’événement. Cette fois, un travail de communication mené en amont sur les réseaux sociaux a changé la donne.

Résultat : hors joueurs, plus de 500 personnes sont passées au Yana Village sur la journée, selon l’estimation des organisateurs, faute de billetterie. « C’est vraiment cette partie qui fait qu’on arrive à se faire connaître et à rassembler la communauté plus facilement », souligne le coordinateur.

Un club historique en plein développement

Derrière l’événement, il y a un club ancien. Le FC Guyane a été fondé en 1968 en Île-de-France. À l’arrivée d’Aymeric Polony, il y a trois ans, le club ne comptait que des sections senior et vétérans. Faute de jeunes, il restait bloqué en Division 4, malgré deux titres de champion consécutifs.

Le club a donc démarché mairies et écoles pour créer des sections de jeunes, des U6 aux U14. Cette structuration a permis de monter en Division 3 la saison dernière. « On est restés bloqués parce qu’on n’avait pas de jeunes », rappelle le coordinateur, pour qui la formation reste la clé de la progression.

Un lien maintenu avec la Guyane

Pour la diaspora, la Yana Cup dépasse le cadre sportif. Elle incarne une fierté, celle de rassembler loin du territoire. « Même loin de notre région, nous arrivons à faire de belles choses et à véhiculer notre culture, nos traditions et nos savoir-faire », confie Aymeric Polony.

Le message adressé à la Guyane est clair. « On n’oublie pas d’où on vient et on travaille avec une volonté féroce de faire vivre et de faire durer notre culture à travers le sport et la culture », poursuit-il.

Les organisateurs pensent déjà à la suite. Ils souhaitent s’entourer de partenaires et de sponsors pour pérenniser le rendez-vous, avec l’ambition d’organiser plusieurs éditions par an, autour de Noël, du carnaval et du début de l’été.

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