Adoptée il y a près d’un an, la loi n°18-2025 du 25 juillet 2025 garantit aux personnes atteintes d’albinisme le droit à la reconnaissance de leur personnalité juridique, l’accès à la santé, à l’éducation, à l’emploi, ainsi qu’à la participation à la vie politique et culturelle. Elle prévoit également des sanctions contre les actes de maltraitance ou de rejet.
Le directeur de cabinet de la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Lis Pascal Moussodji Nzienguia, a rappelé l’importance de cette loi qui n’est pas un simple texte administratif, mais un engagement solennel de l’État. « Elle impose l’accessibilité aux services publics sur la base de l’égalité avec les autres citoyens, encourage l’emploi et l’éducation inclusives », a-t-il indiqué, appelant les autorités locales à faire vivre cette loi sur le terrain, à former les agents et à sensibiliser les communautés.
La représentante résidente de l’Unicef au Congo, Maria Vittoria Ballotta, a félicité l’AJCA pour « un engagement qui inspire au-delà de la question de l’albinisme, jusqu’au niveau régional ». Elle a également souligné la vulnérabilité particulière des enfants vivant avec l’albinisme qui sont exposés aux moqueries, aux violences, à l’abandon, mais aussi à des risques sanitaires spécifiques comme les cancers de la peau. « Aucun enfant ne doit être laissé de côté », a-t-elle martelé, avant d’annoncer le renforcement de la collaboration entre
l’Unicef et l’AJCA, notamment à travers un accord récent avec la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).
Créée en 2017, la clinique médico-sociale AJCA assure la prise en charge gratuite des personnes vivant avec l’albinisme, en leur offrant un accès aux soins ainsi qu’aux évaluations sanitaires lorsque cela s’avère nécessaire. Elle est ouverte 24 heures sur 24, avec des médecins congolais et étrangers. Depuis décembre 2025, une unité de fabrication de crème solaire a été inaugurée avec le soutien du ministère des Affaires sociale, afin de répondre aux difficultés d’approvisionnement et de réduire les coûts d’achat de ces produits. Plusieurs membres vivant avec l’albinisme ont été formés à cette production, qui garantit un accès régulier et abordable améliorant ainsi leur qualité de vie.
Pour le président de la CNDH, Casimir Ndomba, « l’albinisme n’est ni une malédiction ni une différence qui justifie l’exclusion. C’est une condition génétique qui ne diminue en rien la valeur, les capacités ou les droits de la personne », a-t-il rappelé. La CNDH s’engage, par la voix de son président, au côté de l’AJCA pour l’organisation d’activités de sensibilisation et de mobilisation de ressources, à lutter contre les préjugés, les attaques visant les personnes atteintes d’albinisme et à informer le public sur les enjeux majeurs que sont les droits fondamentaux. Il a lancé un appel à toute la société pour « combattre les stéréotypes et les discriminations sous toutes leurs formes ».
Au-delà des discours, l’AJCA a posé un geste social en distribuant des kits de protection solaire aux albinos présents. Avec plusieurs activités en soutien aux albinos, l’AJCA, créée par Jhony Chancel Ngamouana, a vu son action récompensée par l’élection de son fondateur à la présidence du Réseau des organisations des personnes atteintes d’albinisme d’Afrique centrale, dont le siège est à Brazzaville.
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