AD1212: La majorité des Guinéens soutiennent l’autonomie des femmes dans le mariage mais restent réservés à l’égard des droits reproductifs

La santé et les droits sexuels et reproductifs demeurent un enjeu majeur de santé publique  en République de Guinée. Le pays est toujours confronté à d’importants défis, dont un taux  élevé de mortalité maternelle, un accès inégal aux services de santé sexuelle et  reproductive et une faible satisfaction (27%) des besoins en méthodes modernes de  planification familiale (Fonds des Nations Unies pour la Population, n.d. ; Family Planning  2030, 2022). A cela s’ajoute un taux de fécondité des adolescentes âgées de 15 à 19 ans  encore élevé, qui s’établit à 117 naissances pour 1.000 adolescentes (Banque Mondiale,  2024). 

Ces défis trouvent en partie leur origine dans le déficit d’information auquel nombreux citoyens sont confrontés (Fonds des Nations Unies pour la Population, n.d.). Beaucoup de jeunes franchissent le passage de l’enfance à l’âge adulte sans avoir reçu les connaissances  fiables et complètes dont ils auraient besoin sur la santé sexuelle et reproductive. Ce silence,  souvent hérité de tabous culturels ou d’un manque de moyens éducatifs, laisse les filles et les  garçons face à des réalités qu’ils devraient pourtant pouvoir affronter en connaissance de  cause, les exposant davantage aux violences sexuelles, aux infections sexuellement  transmissibles et aux grossesses non désirées. 

Si ces défis demeurent importants, des progrès ont néanmoins été enregistrés ces dernières  années grâce aux efforts déployés par le gouvernement et ses partenaires dans le domaine  (Guinéenews, 2026). En matière de planification familiale, l’accès aux méthodes modernes  de contraception s’est progressivement amélioré. Le taux de prévalence contraceptive  moderne est passé de 10,1% en 2018 à 13,5% en 2023 (Mamadama ; 2024). En plus, le taux  de mortalité maternelle est passé de 530 à 501 décès pour 100.000 naissances vivantes entre  2018 et 2025 (Fonds des Nations Unies pour la Population, 2026). Toutefois, ce niveau  demeure élevé et nécessite la poursuite des investissements dans les soins obstétricaux et  néonatals, la formation du personnel de santé, la disponibilité des médicaments essentiels et  le renforcement des services de santé reproductive. 

C’est dans ce contexte qu’un module spécial inclus dans le questionnaire de l’enquête  Afrobarometer Round 10 explore les opinions des Guinéens sur la santé et les droits sexuels et  reproductifs. 

Les Guinéens affichent un soutien contrasté aux droits sexuels et reproductifs des femmes et  des filles. Si une majorité d’entre eux sont favorables à leur autonomie dans les choix du  mariage, ainsi qu’à la poursuite de la scolarité des élèves enceintes ou mères et à  l’éducation sexuelle à l’école, ils se montrent beaucoup plus réservés sur l’autonomie  reproductive et l’accès universel à la contraception. Seuls environ trois répondants sur 10 estiment que les femmes devraient pouvoir décider du moment et du nombre d’enfants  qu’elles souhaitent avoir, et soutiennent un accès aux contraceptifs indépendamment de  l’âge et du statut matrimonial.  

Par ailleurs, l’avortement demeure largement rejeté, même si la vie ou la santé de la femme  enceinte est en danger. 

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