La réunion publique consacrée à l’affaire Lyhanna n’a pas rassemblé le public espéré, hier matin (samedi 27 juin), au tribunal judiciaire de Fort-de-France. Les magistrats, les avocats et les représentants du tribunal judiciaire ont invité le public à échanger sur la prise en charge et l’accompagnement des victimes.
Une invitation qui intervient moins d’un mois après le meurtre de la fillette de 11 ans, alors que le principal suspect faisait déjà l’objet d’une plainte pour viol sur mineure.
Mais les participants n’ont pas répondu à l’appel, comme le déplore Maître Pascaline Jean-Joseph, bâtonnière de l’ordre des avocats de Martinique :
Je salue le fait qu’un espace de dialogue a été mis en place. Malheureusement, la communication fait que peu de justiciables étaient présents. En revanche, il y avait beaucoup d’associations de victimes, ce qui prouve encore une fois qu’en Martinique, les associations se substituent carrément à l’État. Cette affaire tragique est une occasion pour la justice d’ouvrir ses portes aux citoyens.
Les limites du système
L’objectif de cette réunion était aussi d’informer les potentielles victimes sur le fonctionnement du système judiciaire, mais aussi sur ses limites, comme le précise la bâtonnière :
Le barreau a répondu présent, puisque les avocats qui défendent des victimes sont tout à fait conscients des limites du système, des difficultés posées lors des dépôts de plainte et notamment lors des demandes d’aide juridictionnelle qui prennent beaucoup de temps pour pouvoir être traitées. Les magistrats, les procureurs, les greffiers, les avocats ne sont pas des personnes inconscientes de la souffrance des victimes.
Des dysfonctionnements judiciaires, qui seraient principalement liés au manque de moyens et de magistrats. Maître Pascaline Jean-Joseph rappelle que cette affaire aurait pu se passer en Martinique :
Nous avons des enquêteurs engorgés avec beaucoup de dossiers, des juges d’instruction qui ont des dossiers qui traînent dans leur bureau, parce qu’ils en ont deux fois plus que la normale. Depuis 26 ans, je ne peux que constater que la justice n’a pas les moyens de traiter les affaires correctement.
À ce jour, 267 dossiers concernant des violences sexuelles sur mineurs sont actuellement traités par le parquet de Fort-de-France. Ils concernent des viols, des agressions et des atteintes sexuelles sur des mineurs.
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