Affaire ONASPORT : le colonel OUANANGA, frère du directeur général suspendu, met la pression sur le Premier ministre et le ministre des Sports pour un retour immédiat de son cadet

Affaire ONASPORT : le colonel OUANANGA, frère du directeur général suspendu, met la pression sur le Premier ministre et le ministre des Sports pour un retour immédiat de son cadet

 

 

Rédigé le 21 avril 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Le directeur général de l’Office national des infrastructures sportives (ONASPORT), Hervé Sévérin Lidamon, reste au centre d’une affaire qui continue de secouer le milieu sportif et politique centrafricain. Suspendu depuis le 9 mars 2026 par arrêté ministériel, il bénéficie pourtant d’un puissant soutien familial qui pousse pour son retour rapide à la tête de l’institution sportive nationale.

 

Pour mieux comprendre cette histoire, il faut revenir un peu en arrière. En effet, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wanzoumon, a prononcé la suspension immédiate de M. Lidamon après une enquête qui a établi plusieurs irrégularités graves. Parmi elles : l’occupation illégale du stade Barthélemy Boganda, des dégradations sur le site, l’usage personnel d’infrastructures publiques, et surtout un manque de respect envers sa hiérarchie.

 

Pour rappel, lors d’une visite du premier ministre et sa délégation au complexe sportif Barthelemy Boganda, le directeur général Lidamon, face à la colère du premier ministre qui a constaté des nombreux dégâts et s’interroge sur la capacité du DG à mieux gérer les infrastructures sportives nationales,  lui avait répondu au ministre et au Premier ministre qu’il avait été nommé par décret comme eux et qu’il fallait que chacun s’occupe de ses affaires. Ce ton peu professionnel a achevé de sceller son sort.

 

L’enquête a aussi mis au jour des pratiques surprenantes. Au stade, un local avait été transformé en une vaste chambre froide équipée de 187 congélateurs, dont beaucoup provenaient de saisies sur des locataires en retard de paiement. Lidamon avait branché directement ces installations sur le réseau électrique de l’ENERCA sans contrat officiel, faisant supporter à l’État les coûts d’un commerce privé. Au complexe Omnisport, six petits restaurants avaient été construits et confiés à ses proches. Une autre chambre froide servait à la vente d’eau glacée et de glace à l’entrée du stade Boganda. Autant d’éléments qui ont conduit le ministre à le relever de ses fonctions et à nommer un directeur général par intérim.

 

Pourtant, depuis cette décision, la pression monte de tous côtés. Le frère aîné de Hervé Sévérin Lidamon, le colonel Ouananga , officier de la garde présidentielle, est entré en action. Il appelle sans relâche le Premier ministre et le ministre des Sports pour exiger le retour immédiat de son cadet au poste. Des sources indiquent que ces appels insistants s’accompagnent de menaces à peine voilées.

 

La situation a même pris une tournure plus tendue au sein de l’ONASPORT. Des employés, excédés par la gestion de Lidamon, qu’ils décrivent comme un homme sans formation solide, aux méthodes brutales de chef de quartier, parlaient d’organiser une grève pour s’opposer à tout retour. La rumeur d’une annulation de la sanction circulait déjà dans les couloirs. Mais le colonel Wananga, informé de ces intentions, a dépêché des éléments de la garde présidentielle pour intimider le personnel et faire comprendre qu’aucune grève ne serait tolérée.

 

Ce qui rend l’affaire encore plus étonnante, c’est le passé commun entre le colonel Wananga et le ministre Doneng. Les deux hommes ont manœuvré ensemble au sein de la milice Requin, groupe armé clandestin hautement criminel lié au pouvoir et accusé de nombreuses exactions dans le pays. Wananga y occupait le volet militaire, tandis que Doneng gérait plutôt le côté politique.

 

Mais à la surprise de tout, aujourd’hui, le directeur général suspendu s’en prend publiquement sur les réseaux sociaux au ministre, qu’il accuse d’être lié à la milice armée Requins. Il semble oublier que son propre frère occupe une place bien plus centrale dans cette même structure, avec un rôle direct dans les opérations les plus dures.

 

Les employés de l’ONASPORT, eux, ne cachent plus leur exaspération. Ils voient en Lidamon un gestionnaire incapable, aux comportements agressifs et aux diplômes douteux, qui traite l’institution comme une affaire personnelle. La découverte, lors de la tentative de passation de service, d’une kalachnikov chargée dans le bureau, et l’arrestation d’un garde du corps qui avait tenté de s’opposer à l’inspection, n’ont fait que renforcer leur méfiance.

 

Dans un pays où les institutions sportives devraient servir au développement de la jeunesse et non aux intérêts privés, cette affaire pose une question simple : jusqu’où ira l’influence familiale pour contourner une sanction ministérielle ? Le colonel Ouananga continue de peser de tout son poids pour ramener son frère.

 

Et à la dernière nouvelle, Le Premier ministre et le ministre des Sports ont finalement cédé. Le directeur Lidamon a repris ses fonction du DG.

 

L’affaire ONASPORT est loin d’être terminée. Corbeau News Centrafrique continue de suivre ce dossier avec attention.

 

Par Alain Nzilo

Rejoignez notre communauté

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 

 

 

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.