AFRIQUE/SOUDAN – Un pasteur anglican a été tué dans les montagnes de Nuba, où le père Youhanna Al-Amin avait été assassiné en juin

AFRIQUE/SOUDAN – Un pasteur anglican a été tué dans les montagnes de Nuba, où le père Youhanna Al-Amin avait été assassiné en juin


jeudi, 30 juillet 2026

Khartoum (Agence Fides) – Un pasteur anglican a été tué dans les montagnes de Nuba, dans une région proche de celle où, en juin dernier, avait été assassiné le prêtre catholique Youhanna Al-Amin, curé depuis plus de trente ans de l’église de Kauda (voir Fides 22/6/ 2026).

Le 24 juillet, des membres d’une faction dissidente de l’Armée populaire de libération du Soudan-Nord (SPLA-N) ont attaqué la localité de Dabbi, dans l’État du Kordofan du Sud. Au cours de cette attaque, le pasteur Adel Idris Jongool, de l’Église épiscopale du Soudan (ECS), a été enlevé puis tué. Les militants ont fait irruption dans la communauté située près du Korkel Theological College, le séminaire anglican qui dessert les deux diocèses des monts Nuba.

Les assaillants ont également enlevé des dizaines de fidèles. Trente-deux otages ont été libérés par la suite, tandis que d’autres sont toujours portés disparus.

L’instabilité qui règne dans les monts Nuba s’inscrit dans le cadre du conflit soudanais plus large qui oppose les Forces de soutien rapide (RSF) aux Forces armées soudanaises (SAF), soutenues par diverses milices locales. Au moins deux groupes indépendants, issus de scissions successives de l’ancien SPLA-N, opèrent toutefois également dans la région. Ces factions agissent souvent de manière autonome, même si certaines se sont progressivement alignées sur les RSF ou les SAF.

Le SPLA-N a vu le jour en 2011, après l’indépendance du Soudan du Sud. Les éléments nordistes de l’historique Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (SPLM/A), qui avaient combattu lors de la deuxième guerre civile soudanaise ayant abouti à la sécession du Soudan du Sud, sont restés au Soudan et ont poursuivi la lutte armée contre le gouvernement central de Khartoum.

En 2017, le mouvement s’est scindé en deux factions principales : le SPLM-N (al-Hilu), dirigé par Abdelaziz al-Hilu, et le SPLM-N (Agar), dirigé par Malik Agar, qui s’est par la suite rallié au gouvernement.

La faction d’al-Hilu est la plus importante. Elle contrôle de vastes zones des monts Nuba, avec Kauda comme principal centre politique et militaire, ainsi que certaines zones de l’État du Nil Bleu. On estime qu’elle dispose d’environ 20 000 combattants et qu’elle administre les territoires sous son contrôle par le biais de structures gouvernementales autonomes, notamment des tribunaux, des services de délivrance de pièces d’identité et des écoles.

La faction d’Agar, quant à elle, s’est alignée sur les Forces armées soudanaises (SAF) et sur le gouvernement de transition installé à Khartoum, combattant à la fois les Forces de soutien rapide (RSF) et le groupe dirigé par al-Hilu.

Au début de l’année, la faction d’al-Hilu a également été touchée par une nouvelle scission, liée aux dynamiques tribales locales et qui a éclaté après de violents affrontements pour le contrôle des terres entre les tribus Otoro et Shwai. Environ 1 500 combattants se sont mutinés et se sont repliés dans les zones montagneuses, où ils ont érigé des barrages routiers et lancé des raids contre les villages locaux.

Selon des sources locales, le groupe dissident recevrait des armes et un soutien de Khartoum, qui aurait depuis longtemps recours à des milices tribales et à des forces paramilitaires pour affaiblir ses adversaires et maintenir dans un état d’instabilité permanente des zones contestées telles que les monts Nuba. (LM) (Agence Fides 30/7/2026)



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