L’exécutif américain s’est officiellement prononcé en faveur du retour du Gabon dans le cercle très fermé des partenaires économiques privilégiés des Etats-Unis d’Amérique en Afrique Centrale. Le président américain, Donald Trump, a signé, mardi à la Maison Blanche, la proclamation réintégrant le pays dans le programme commercial américain destiné aux États d’Afrique subsaharienne, l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Cette décision met fin à seize mois de suspension, prononcée en janvier 2024 par l’administration Biden après les événements politiques du 30 août 2023 au Gabon.
Dans son texte officiel, Washington justifie ce retour par « les actions entreprises par le gouvernement du Gabon ». Autrement dit, les autorités américaines estiment que le Gabon répond de nouveau aux critères exigés en matière de gouvernance, d’État de droit, de transparence économique et de lutte contre la corruption.
Les exportateurs gabonais retrouvent immédiatement un accès préférentiel au marché américain grâce à l’exemption de droits de douane sur près de 1 800 produits couverts par l’AGOA, en plus des 5 000 produits déjà éligibles au Système généralisé de préférences (SGP).
Pour l’économie gabonaise, cette réintégration représente une opportunité importante. Les secteurs du bois, du manganèse et des hydrocarbures devraient en bénéficier directement, tandis que des filières en développement comme le textile, l’agro-industrie ou la cosmétique pourraient accélérer leur croissance.
Même pendant la suspension, les échanges commerciaux entre le Gabon et les États-Unis avaient continué de progresser. En 2024, ils ont augmenté de 23,1 %, atteignant 426,2 millions de dollars.
Prime aux réformes économiques et politiques
Au-delà des enjeux économiques, cette décision constitue aussi un succès politique pour les autorités gabonaises. Il y a encore quelques mois, le bureau du représentant américain au commerce (USTR) maintenait pourtant la suspension du Gabon pour 2026. Le changement de position de Washington traduit donc une évolution notable dans l’appréciation de l’évolution de la gouvernance au Gabon.
Depuis deux ans, Brice Clotaire Oligui Nguéma et son gouvernement ont multiplié les réformes et les démarches diplomatiques pour rassurer les partenaires internationaux. Respect du calendrier de la transition, Dialogue national inclusif, réformes institutionnelles et économiques : autant de signaux qui semblent avoir convaincu l’administration américaine.
Après les soutiens du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, cette réintégration dans l’AGOA renforce davantage la crédibilité du Gabon auprès des investisseurs étrangers et marque une nouvelle étape dans le réchauffement des relations sur l’axe Libreville et Washington.
Créé en 2000 par le Congrès américain, l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) permet aux pays africains éligibles d’exporter des milliers de produits vers les États-Unis sans droits de douane.
En échange, les États bénéficiaires doivent respecter plusieurs critères liés à la démocratie, à la bonne gouvernance, aux droits humains et à la stabilité politique.
Alph ’-Whilem Eslie et Bétines Makosso

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