Agressions sexuelles présumées au lycée Nord Caraïbes : importante présence de gendarmes et mise en place d’une cellule de crise ce jeudi matin

L’affaire est prise très au sérieux au lycée Nord Caraïbes de Bellefontaine. Ce jeudi matin, plusieurs gendarmes étaient mobilisés devant et au sein de l’établissement.

Deux militaires étaient affectés à la proximité, trois à la sécurité et deux autres aux auditions. Des agents de l’équipe mobile de sécurité du rectorat ont également été déployés sur place.

Cette présence intervient au lendemain du dépôt de plaintes de trois adolescentes contre trois garçons pour des faits présumés d’agressions sexuelles. Au total, quatre victimes potentielles ont été entendu par la direction de l’établissement.

Des tensions après les révélations

Selon une lycéenne qui a souhaité garder l’anonymat, les tensions sont rapidement montées dans l’établissement après la révélation des faits.

« L’une des victimes a deux frères dans le lycée. Dès qu’ils ont su ça, ils ont voulu rendre justice eux-mêmes. Ça a créé une bagarre dans l’après-midi entre un frère d’une présumée victime et un frère d’un présumé agresseur. »

Une élève de l’établissement

Une version que dément formellement la mère de l’une des victimes.

« C’est le frère de l’agresseur présumé qui est venu s’en prendre au frère de ma fille, mon fils, en lui donnant un coup de poing »

Mère de l’une des victimes présumées

La mère de famille rajoute, la voix pleine d’émotion, qu’elle reste déterminée à mener jusqu’au bout les procédures judiciaires pour sa fille.

Les faits dénoncés se seraient déroulés dans les vestiaires pendant la pause déjeuner.

Des familles choquées

Les parents des victimes auraient été prévenus le lendemain matin, une temporalité incomprise par certains proches.

« Ce que je trouve dommage, c’est que ça se passe en France, ça se passe ici et que l’État ne prend pas ses responsabilités. On a l’impression que l’entité scolaire est protégée, l’établissement scolaire et pas les enfants. »

Le grand-père d’une élève

Pour certain parent au contraire, l’établissement est décrit comme « strict » et communiquant avec les parents.

« Même quand je la retire de l’internat, il y a tout un protocole à suivre. C’est pour ça que je suis assez étonnée qu’il y ait eu ce type d’agression au lycée. »

Une parent d’élève

De son côté, le rectorat précise les contours de l’affaire, dans un communiqué de presse diffusé ce jeudi 28 mai.

Selon eux, une rumeur s’est propagée dans l’internat dans l’après-midi du 26 mai, poussant le personnel de vie scolaire à mener des investigations dès le soir même. Quatre victimes présumées ont alors été auditionnées.

Le lendemain matin (mercredi 27 mai), les victimes présumées ont été reçues par la cheffe d’établissement dès 6 heures. Les familles ont ensuite été informées et reçues dans la matinée. Les familles des présumés agresseurs ont, elles, été reçues dans l’après-midi.

Des mesures conservatoires prises

Ce jeudi matin, les parents d’élèves ont reçu un courriel destiné à les rassurer. Le message annonce notamment la mise en place d’une cellule d’écoute au sein du lycée.

Le personnel de l’établissement a également été entendu par la gendarmerie et les présumés agresseurs ont été identifiés.

Le rectorat affirme que « la priorité absolue demeure la protection des élèves, leur accompagnement et le maintien d’un climat scolaire serein ».

Parmi les mesures mises en place :

• la mise à l’écart des élèves présumés agresseurs à titre conservatoire ;

• un accompagnement personnalisé des victimes présumées ;

• la présence de l’Inspectrice Vie Scolaire pour coordonner la gestion de la situation.

Le rectorat précise également que les épreuves du baccalauréat professionnel se déroulent normalement au sein de l’établissement.

L’enquête se poursuit.

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