Annulation au Sénégal d’une rencontre d’opposants guinéens en exil

Les autorités sénégalaises ont exigé l’annulation d’une rencontre d’opposants guinéens prévue ce jeudi à Dakar, invoquant la prévention d’un incident diplomatique avec la Guinée. L’événement visait à commémorer les deux ans de la disparition de deux activistes guinéens et à exposer des données sur la situation des droits de l’homme sous la présidence de Mamadi Doumbouya.

Une rencontre organisée par des opposants guinéens en exil, initialement prévue jeudi à Dakar, a été annulée sur instruction des autorités sénégalaises. Cet événement avait pour objet de traiter des droits de l’homme en Guinée et de marquer le deuxième anniversaire de la disparition des activistes Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah.

Alseny Farinta Camara, coordinateur du mouvement Tournons la Page Guinée en exil au Sénégal et co-organisateur, a indiqué avoir été informé mercredi soir par la direction de l’hôtel de l’indisponibilité de la salle de conférence. Il précise avoir ensuite été contacté à plusieurs reprises par la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) sénégalaise. Lors d’une convocation dans les locaux de la DST jeudi matin, il lui a été formellement demandé d’annuler la table ronde afin d’éviter un problème diplomatique entre le Sénégal et la Guinée.

Un porte-parole de la police sénégalaise a confirmé l’intervention des autorités, expliquant que le ministère des Affaires étrangères a sollicité le ministère de l’Intérieur pour empêcher la tenue de cette réunion pour des motifs diplomatiques.

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Plusieurs personnalités ont réagi à cette interdiction. Alioune Tine, représentant de la société civile sénégalaise qui devait participer aux échanges, a déclaré regretter cette décision. Lors d’une conférence de presse à Paris, Ibrahima Diallo, cadre du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), a également exprimé son désaccord face à cette annulation.

En Guinée, suite à la prise de pouvoir de Mamadi Doumbouya lors du putsch de 2021, plusieurs partis politiques ont été suspendus et les manifestations sont interdites depuis 2022. Le FNDC a publié cette semaine une liste de 24 individus, parmi lesquels figure le président Mamadi Doumbouya, désignés par l’organisation comme responsables des disparitions recensées dans le pays. Le mouvement Tournons La Page indique pour sa part avoir documenté une trentaine de cas de disparitions.

En parallèle, les avocats des épouses des activistes disparus ont initié jeudi une nouvelle procédure judiciaire en France. Cette action cible directement le président Doumbouya, les conseils affirmant disposer d’éléments attestant de sa nationalité française.

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