@ Damien Glez
Publié aujourd’hui à 15h52
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C’est l’animateur de l’émission lui-même qui, mercredi 24 juin, a annoncé la sanction infligée par la Haute Autorité de la communication (HAC) : une suspension de deux mois de la diffusion de l’émission « Allô Kledu », à compter du 25 juin.
« [L’instance] considère que nous avons donné trop de liberté aux auditeurs que vous êtes, et que vous, vous vous défoulez sur le gouvernement et les institutions de la République, sans fondement et sans vérification », a expliqué l’un des animateurs de l’émission. « [La HAC juge que] vous faites des accusations non fondées, non vérifiées et que nous, animateurs, on ne vous recadre pas », a-t-il continué.
Restrictions multiples
S’il est connu que la modération de ce type d’émission, en direct, est une véritable gageure, les autorités maliennes n’ont pas pour autant retenu l’argument de la bonne volonté. Le programme « Allô Kledu » constituait l’un des derniers espaces de liberté d’expression, notamment sur la gestion des affaires publiques. Partisane d’une information plurielle, Radio Kledu s’est toujours présentée comme un catalyseur de lien social apaisé, notamment par le biais du programme de libre antenne où sont certes formulées des critiques à l’égard de l’action des autorités, mais également des compliments.
Si le bâillonnement de radios n’empêche théoriquement pas l’expression critique sur les réseaux sociaux, les internautes maliens – comme nigériens et burkinabè – sont devenus frileux. À la suppression du programme de libre antenne, le dénommé Aly Diarra a affirmé prudemment : « Kledou est la meilleure radio au Mali, que Dieu la protège. » Mais d’autres justifient la décision de la HAC, et dénoncent des intervenants radiophoniques qui seraient des « terroristes déguisés en civils » ou des « politiciens mafieux qui critiquent toujours sans donner aucune solution ».
Un autre signe de la chape de plomb imposée aux médias est l’incarcération récente de trois journalistes critiques, Chahana Takiou, Abdarhamane Keïta et Youssouf Sissoko.
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