Au Mali, l’influenceur peul Djiby Barry inculpé pour « atteinte au crédit de l’État »

Publié aujourd’hui à 15h30
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C’est à l’occasion d’un concert auquel il assistait, au Centre international de conférence de Bamako (CICB), que Djibril Sangaré a été arrêté, le 24 juillet, par la brigade d’investigation du pôle spécialisé dans la cybercriminalité. L’influenceur, qui, sous le pseudonyme de Djiby Barry, diffuse régulièrement des vidéos, a passé le week-end du 25 juillet en garde à vue. Le 27, il a été présenté au procureur du pôle judiciaire et, le lendemain, à un juge d’instruction. Celui-ci l’a placé sous mandat de dépôt, puis l’a inculpé pour « atteinte au crédit de l’État » et « publication de fausses informations par le biais d’un système d’information et de communication ».

Commentateur de l’actualité politique et sociale, Djiby Barry n’a pas l’habitude de ménager le régime du général Assimi Goïta, maître du Mali depuis le putsch d’août 2020, au cours duquel Ibrahim Boubacar Keïta, le président élu, a été renversé. Ce sont ses critiques virulentes contre la transition qui ont donc été qualifiées d’ « atteinte au crédit de l’État ».


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Les Peuls dans le viseur ?

Les proches du vidéaste attendent l’issue de l’enquête judiciaire et la date d’un éventuel procès. Mais, déjà, de nombreuses voix s’élèvent contre ce nouveau coup porté aux libertés publiques, en particulier à la liberté d’opinion. La communauté peule est particulièrement inquiète. C’est dans sa langue que Djiby Barry – par ailleurs membre de l’association peule Tabital Pulaaku – tourne nombre de ses vidéos, qui traitent souvent de l’actualité de cette frange de la population.

Mohamed Ali Bathily : « Le Mali n’avait pas connu un tel recul des libertés depuis Moussa Traoré »

Des organisations internationales spécialisées dans la défense des droits humains dénoncent les persécutions qui visent certaines minorités du Mali. En réduisant au silence les voix discordantes, la junte verrouille méthodiquement les leviers du pouvoir. Malgré la tenue, en juin 2023, d’un référendum constitutionnel qui esquissait un recours à une expression citoyenne, plus aucun calendrier ne fixe d’échéances électorales dans ce pays membre d’une Alliance des États du Sahel qui ne prise guère les scrutins.

Signe que les tenants du régime n’ont pas la moindre intention de tourner la page de l’État d’exception, plusieurs responsables politiques et membres du Conseil national de transition (CNT) ont, le 25 juillet dernier, donné le coup d’envoi aux activités d’un comité scientifique chargé de promouvoir une « nouvelle doctrine panafricaine », baptisée « l’assimisme » en référence au prénom du chef de l’État, Assimi Goïta. Au programme : souverainisme, anti-impérialisme, panafricanisme et culte de la personnalité.

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