Bassin du lac Tchad. Le HCR alerte sur une recrudescence des violences et des déplacements forcés

Le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés s’est inquiété ce vendredi 3 juillet de « l’escalade » des violences dans le bassin du lac Tchad, qui selon l’organisation ont fait 5.700 morts depuis septembre et provoqué une « forte augmentation » des déplacements forcés.

Cette vaste étendue d’eau et de marécages située entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad, s’est transformée depuis 2009 en bastion
jihadiste, abritant à la fois des combattants de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).

« Plus de 3,5 millions de personnes sont déplacées de force, tandis que 8,2 millions ont besoin d’une aide humanitaire »

Ces derniers mois ont notamment vu une recrudescence des attaques de JAS, une des factions de Boko Haram, avec des enlèvements et des attaques contre des postes avancés, notamment sur la rive nigérienne du lac et dans les zones insulaires.

« Dans l’ensemble du bassin (…) plus de 3,5 millions de personnes sont déplacées de force, tandis que 8,2 millions ont besoin d’une aide humanitaire », a déclaré devant la presse à Genève Andrew Wyllie, directeur adjoint du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et centrale du HCR.

Et celui-ci indique que ces personnes subissent les effets d’une situation sécuritaire qui « s’est récemment fortement dégradée, le nombre d’incidents
recensés ayant augmenté de 80% entre janvier 2024 et avril 2026″.

L’agence de l’ONU pour les réfugiés relève même qu’entre septembre 2025 et mai 2026 seulement, près de 1.800 incidents sécuritaires et plus de 5.700 décès ont été enregistrés dans le bassin. « Ces incidents comprennent des attaques contre des civils, des assassinats, des enlèvements, des explosions, des affrontements entre groupes armés et des raids contre des villages », a précisé M. Wyllie.

77.500 personnes ont été déplacées au Nigeria, Cameroun, Niger et Tchad

Selon le HCR, l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, reste l’épicentre de la crise avec des « attaques répétées » de groupes armés non étatiques, des opérations militaires et l’insécurité le long des routes et des axes empruntés par les déplacés qui « contraignent les familles à fuir et limitent fortement l’accès humanitaire ».

Depuis janvier 2026, plus de 77.500 personnes ont été déplacées au Nigeria, Cameroun, Niger et Tchad, avec « de plus en plus » de mouvements transfrontaliers, relève le HCR.

Selon M. Wyllie, les enfants sont particulièrement vulnérables. « Environ la moitié des enfants vivant dans les zones les plus touchées ne sont pas
scolarisés, une proportion qui dépasse 78% dans la province du Lac, au Tchad ».

Le HCR a rappelé avoir avec ses partenaires « un besoin urgent de 29 millions de dollars d’ici à décembre 2026 « pour maintenir leurs opérations,
assurer une protection et une assistance essentielles dans les zones à haut risque ». « L’évolution de la situation est profondément préoccupante, mais elle peut encore être inversée grâce à un soutien ferme dès maintenant », a insisté M. Wyllie.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.