Défilés sacrés et prestations spectaculaires sur les places historiques, ateliers de sculpture, initiations aux rythmes régionaux et spectacles profanes, cette 3ᵉ édition du Festival des Masques au Bénin a réuni passionnés, chercheurs et curieux venus du monde entier.
Un rendez-vous pensé comme une immersion au cœur même du sacré, loin des idées reçues. Dieudonné Gnammankou, historien, a animé un colloque scientifique sur le festival, il explique : « c‘est tout un monde qui se cache derrière ces masques… il y a des esprits, il y a une énergie invisible ».
« On sait que ce sont des humains qui les portent, mais derrière ces humains-là, il y a des divinités, il y a des esprits. La portée, justement, de ce festival, c’est une invitation à la redécouverte de nous-mêmes, qu’on cesse d’avoir peur de nos traditions », raconte-t-il au micro de la DW.
Démystifier et transmettre : un pari réussi, notamment auprès de la jeunesse… Dans les allées du village du festival, entre démonstrations de confection de parures en perles et animations pour jeunes, le public découvre une autre facette de ce patrimoine.
« Le festival des masques, non seulement ça apporte une approche différente de la culture béninoise, de la culture de l’Afrique de l’Ouest, c’est très enrichissant. C’est vraiment hors du commun et ça complète vraiment l’approche qu’ils ont apportée avec Voodoo Days qu’on a au mois de janvier« , estime Bernice Dona Houssou, festivalière venue de Cotonou.
Faire de Porto-Novo une place touristique
Mais au-delà de la ferveur locale, le festival confirme l’ambition internationale de Porto-Novo. Masques ivoiriens, nigérians, togolais, nigériens et même invités venus de Chine ont foulé le sol béninois. Un véritable carrefour d’échanges artistiques et humains au cœur duquel se retrouvait le metteur en scène Nicolas Houénou de Dravo.
« Ce qui se fait ici, ça se fait ailleurs. Et lorsqu’on va mettre tout ça ensemble, comme la culture réunit les hommes, c’est extraordinaire. Ils sont venus apprendre. Nous avons appris d’eux. Et c’est comme ça que le brassage culturel va se positionner et ça va avancer », assure-t-il.
Positionner Porto-Novo comme la vitrine mondiale des arts masqués, c’est tout l’enjeu porté par les autorités béninoises, qui entendent transformer ce patrimoine immatériel en un puissant levier touristique et économique. Pour Rachadou Toukourou, maire de Porto-Novo, Porto-Novo a des potentiels touristiques et à travers ce festival, nous voulons faire un carrefour des masques de l’Afrique et l’étendre au monde entier ».
En réaffirmant la puissance de son héritage face au monde moderne, Porto-Novo clôt deux jours d’une célébration vibrante, affirmant plus que jamais son statut de capitale culturelle des patrimoines vivants.
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