Bénin : Pour avoir libéré un présumé cybercriminel un policier risque 5 ans de prison – La Nouvelle Tribune

Le ministère public près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis, lundi 4 mai 2026 à Cotonou, une peine de cinq ans d’emprisonnement contre un agent du commissariat d’Akassato. Ce policier est poursuivi pour abus de fonction, accusé d’avoir libéré un individu soupçonné de cybercriminalité en échange d’argent, rapporte Libre Express.

Au cours de l’audience, le premier substitut du procureur spécial a demandé une condamnation assortie de trois ans de prison ferme et d’une amende d’un million de francs CFA. Le parquet soutient que l’agent aurait perçu 500 000 francs CFA pour permettre la remise en liberté d’un suspect interpellé lors d’une opération policière.

Réquisitions différenciées pour les co-prévenus

Dans le même dossier, une policière poursuivie aux côtés de l’agent principal pourrait bénéficier d’une relaxe. Le ministère public estime que les éléments du dossier ne permettent pas d’établir sa participation à l’accord financier. Les échanges téléphoniques analysés au cours de l’enquête n’auraient révélé aucun lien direct avec la transaction incriminée. Le magistrat a également relevé sa position subalterne et son entrée récente dans la fonction.

Deux civils impliqués dans la procédure sont également concernés par des réquisitions distinctes. Le parquet a sollicité leur condamnation pour détention et usage de chanvre indien, avec une peine de 24 mois d’emprisonnement dont six mois ferme et une amende de 500 000 francs CFA pour chacun.

Les faits au centre des débats

Les quatre prévenus sont en détention provisoire depuis le 18 février 2026. L’affaire a été examinée pour la première fois le 2 mars 2026 devant la chambre correctionnelle de la CRIET. À cette occasion, les deux policiers avaient contesté les faits. Du côté des civils, l’un a reconnu la détention de produits psychotropes tandis que l’autre a nié toute implication.

Selon les déclarations rapportées à l’audience et reprises par Libre Express, le suspect initialement interpellé pour des faits de cybercriminalité aurait lui-même proposé une somme d’argent aux agents pour obtenir sa libération. Conduit au commissariat d’Akassato après son arrestation, il affirme que les discussions engagées sur place ont abouti à un accord financier.

Le montant évoqué, fixé à 500 000 francs CFA, aurait été réparti entre certains agents impliqués dans l’interpellation. Ces faits se seraient déroulés sans l’aval du commissaire principal du poste, selon les éléments versés au dossier.

Version de la policière et arguments de la défense

La policière poursuivie a reconnu avoir reçu une enveloppe contenant 50 000 francs CFA, remise par un collègue. Elle a expliqué au juge qu’elle pensait qu’il s’agissait d’une contribution à une tontine interne au commissariat. Elle a indiqué avoir restitué la somme après avoir compris son origine.

Les avocats de la défense ont demandé la relaxe pour l’ensemble des prévenus. Ils contestent la matérialité des faits reprochés et remettent en cause l’interprétation des éléments recueillis par l’enquête. À l’issue des réquisitions et des plaidoiries, la CRIET a mis le dossier en délibéré. La décision est attendue le 15 juin 2026. Juridiction spécialisée créée par la loi n°2018-13 du 2 juillet 2018, la CRIET est compétente pour juger les infractions économiques et la cybercriminalité. Le jugement à venir devra préciser les responsabilités pénales de chacun des prévenus dans cette affaire.

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