BRAZZAVILLE : NJ Ayuk : « Le Congo prouve la valeur d’une exploration intelligente »

TotalEnergies annonce une nouvelle découverte pétrolière au large du Congo, une étape clé dans l’ambition du pays de produire 500 000 bpj.

Le géant de l’énergie TotalEnergies a annoncé ce mardi 14 avril une nouvelle découverte d’hydrocarbures sur la licence Moho, au large de la République du Congo. Cette annonce, saluée par la Chambre africaine de l’énergie (AEC), constitue une étape majeure pour le pays qui ambitionne d’atteindre une production de 500 000 barils par jour (bpj). L’opération a été menée par TotalEnergies en tant qu’opérateur (63,5 %), en partenariat avec la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), dirigée par Raoul Ominga, et Trident Energy.

La découverte a ciblé la structure Moho G, au sein du vaste complexe de Moho qui représente déjà plus de la moitié de la production pétrolière congolaise. Les forages ont révélé une colonne d’hydrocarbures d’environ 160 mètres dans des réservoirs albiens de bonne qualité. Selon le communiqué, cette trouvaille complète la précédente découverte de Moho F, les deux gisements présentant des ressources récupérables combinées estimées à 100 milliards de barils.

Une exploration axée sur les infrastructures

La particularité de cette découverte réside dans sa proximité avec les infrastructures de production existantes, notamment les unités flottantes de production, de stockage et de déchargement (FPSO) d’Alima et de Likouf. Celles-ci disposent d’une capacité de production combinée de 90 000 barils par jour, ce qui permettra des raccordements rentables et une mise en production accélérée des nouvelles ressources. Cette stratégie, dite d’exploration axée sur les infrastructures, s’inscrit dans la logique d’investissement de TotalEnergies. L’entreprise s’était engagée à investir plus de 500 millions de dollars d’ici 2025 pour développer le complexe Moho Nord. La découverte de Moho G confirme ainsi la pertinence de ce modèle économique, en optimisant la rentabilité et la résilience du plus grand bloc pétrolier du Congo.

Un environnement propice aux investissements

La Chambre africaine de l’énergie a félicité TotalEnergies, soulignant l’engagement à long terme de la major française dans le secteur amont du pays. L’organisation a également salué le rôle du ministre des Hydrocarbures, Bruno Richard Itoua, et de la SNPC dans la création d’un climat stable et attractif pour les capitaux étrangers. Pour l’AEC, cette réussite démontre l’efficacité du modèle congolais.

« La dernière découverte de TotalEnergies au Congo envoie un message fort au marché : c’est un pays où les infrastructures, les politiques et les partenariats se conjuguent pour dégager une réelle valeur. Le Congo prouve que l’exploration ne se limite pas aux bassins pionniers, mais consiste à maximiser ce dont on dispose déjà et à le faire de manière plus intelligente, plus rapide et plus efficace », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.

Le Congo diversifie ses atouts énergétiques

Le dynamisme du secteur énergétique congolais ne se limite pas à cette découverte. D’autres opérateurs continuent d’investir massivement. En février 2026, Perenco a ainsi lancé la plateforme Kombi 2, une installation de 200 millions de dollars visant à exploiter des réserves additionnelles de 10 millions de barils sur le champ Kombi-Likalala-Libondo II. Une campagne de forage de six puits y débutera cette année.

Parallèlement, le Congo s’affirme comme un acteur clé sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL). Le démarrage de l’unité flottante de liquéfaction (FLNG) Nguya, opérée par Eni en décembre 2025, a marqué la deuxième phase du projet Congo LNG. Avec une capacité de 2,4 millions de tonnes par an (mtpa), elle s’ajoute au navire Tango (0,6 mtpa), portant la capacité totale du projet à 3 mtpa. Ce développement, qui traite le gaz des champs de Nené et Litchendjili, a hissé le pays au rang de cinquième exportateur de GNL du continent africain. En alignant ses politiques, ses infrastructures et ses investissements, la République du Congo semble ainsi avoir trouvé un modèle convaincant pour assurer une croissance durable de son secteur amont, dans un contexte mondial où les capitaux se font plus sélectifs.

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