Burkina Faso – Détournement de deniers publics : des agents de la Police nationale sanctionnés

Au Burkina Faso, le ton se durcit contre la corruption au sein des forces de sécurité. Le Conseil des ministres du 18 juin a acté la révocation immédiate de deux hauts agents de la police nationale pour détournement de fonds. Une sanction qui s’accompagne d’une mise en garde  du ministre de la Sécurité.

La décision est tombée comme un couperet lors du Conseil des ministres présidé par le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, le 18 juin 2026. Un lieutenant et un sergent-chef de la police nationale, affectés à la gestion financière dans la région des Banwa, ont été révoqués de la fonction publique. Le motif : le détournement de plus de 45 millions de francs CFA, un montant précisément estimé à 45 216 000 francs. 

Les investigations menées par les services compétents ont permis de confirmer la commission de ces malversations financières qui ont été reprochées à ces deux agents. En application des dispositions de la loi 027-2018 portant statut du cadre de la police nationale et du décret numéro 2019-04-06 portant règlement de discipline générale de la police nationale, en ce qui concerne la sanction disciplinaire en cas de commission de faute de troisième degré, notamment celle qualifiée d’extrême gravité, le conseil des ministres entérine la révocation du lieutenant de police Thiao B. Nicolas, matricule 90605X, chef du service administratif  et financier de la direction régionale de la police nationale de Bankui et du sergent chef de police Ilboudo Pawentore Marcellin, matricule 3947 H, responsable de la logistique au sein dudit service administratif et financier pour détournement de deniers publics.

Mahamadou SANA, Ministre de la sécuritéBurkina Faso

Ces fonds frauduleusement soustraits étaient initialement destinés à l’Unité Mobile d’Intervention de la Police Nationale, basée à Koin dans le Banwa. Dans cette région sous forte pression sécuritaire, ces primes d’opérations et allocations d’alimentation constituent le nerf de la guerre pour les hommes engagés en première ligne. Pour le gouvernement Burkinabè, priver les combattants de leurs ressources de subsistance de base met directement en péril la stratégie de reconquête du territoire national.

C’est l’occasion de rappeler à tous ceux qui sont dans la chaîne financière, les SAF, les responsables logistiques, etc., que de tels comportements ne sauraient être tolérés et que toute personne qui se rendra coupable d’infractions similaires, particulièrement les sommes destinées à la prise en charge des primes d’opération et d’alimentation des hommes qui sont déployés sur le théâtre des opérations et qui se battent jour et nuit pour que le Burkina Faso reste debout, subira les mêmes sanctions. 

Mahamadou SANA, Ministre de la SécuritéBurkina Faso

Cette double révocation renforce la doctrine de la Révolution Progressiste Populaire prônée par les autorités du Burkina Faso, axée sur la saine gestion des deniers publics. Ces autorités estiment que la lutte contre le terrorisme est indissociable de la lutte contre la corruption au sein des administrations publiques.

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