Burkina Faso : la diffusion de TV5 Monde interdite, RSF dénonce une atteinte à l’information

Une interdiction justifiée par des “manquements” 

Le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso a annoncé, mardi 5 mai, l’interdiction de la chaîne TV5 Monde sur l’ensemble du territoire. En cause, selon les autorités, “de nombreux manquements à la loi, à l’éthique et à la déontologie” dans la couverture des attaques jihadistes, notamment au Burkina Faso et au Mali. Le régulateur accuse la chaîne d’avoir diffusé des contenus relevant de la “désinformation” et de “l’apologie du terrorisme”, notamment en s’appuyant sur des images jugées non vérifiées et en mettant en avant les actions de groupes armés. 

Un contexte régional sous tension 

Cette décision s’inscrit dans un climat sécuritaire particulièrement dégradé au Sahel. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, dirigés par des régimes militaires, font face à des attaques récurrentes de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Les autorités burkinabè, qui revendiquent une ligne souverainiste, ont déjà suspendu plusieurs médias étrangers ces dernières années, leur reprochant un traitement jugé biaisé de la situation sécuritaire. 

RSF dénonce un recul de la liberté de la presse 

Reporters sans frontières (RSF) a vivement réagi à cette interdiction, évoquant une décision fondée sur des “éléments opaques”. L’organisation estime qu’elle “porte un nouveau coup de massue au droit à l’information” dans un pays où les conditions d’exercice du journalisme se dégradent. RSF souligne également un climat préoccupant marqué par des enlèvements de journalistes et des pressions accrues sur les médias. 

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Une restriction accrue de l’espace civique 

Parallèlement à cette interdiction, les autorités ont suspendu plus de 200 associations pour des raisons administratives, après des mesures similaires visant des centaines d’organisations ces dernières semaines. Des ONG de défense des droits humains alertent sur une intensification de la répression visant la société civile, dans un contexte où une partie du territoire échappe toujours au contrôle de l’État malgré les opérations militaires en cours.

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