Burkina Faso : la junte assume publiquement le rôle des cyberactivistes pro-pouvoir

Le gouvernement de transition du Burkina Faso a officiellement apporté son soutien aux Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR-C), un groupe de cyberactivistes très présent sur les réseaux sociaux pour défendre les positions de la junte. Dans une vidéo publiée par le ministère de la Communication, le porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a déclaré être « fier » du travail des BIR-C, estimant que leur engagement « fait trembler les impérialistes ». Il a appelé leurs membres à « rester imperturbables », affirmant que le gouvernement « salue le travail » qu’ils accomplissent.

Cette prise de position intervient quelques jours après la publication d’une enquête de Reporters sans frontières (RSF). L’organisation y décrit les BIR-C comme une « milice numérique », accusée de relayer la communication officielle de la junte tout en menant des campagnes de harcèlement, de désinformation et d’intimidation, notamment contre des journalistes et des voix critiques.

Le gouvernement rejette ces accusations. Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a dénoncé les critiques de RSF et de ce qu’il qualifie de « médias impérialistes », les accusant à son tour de diffuser de fausses informations.

Selon RSF, le réseau des BIR-C rassemblerait des militants, des comptes anonymes, des personnalités proches du pouvoir et certains responsables politiques. Le rapport évoque également le soutien d’autres mouvements favorables à la junte, comme les Wayiyans, des groupes d’activistes dont l’existence avait déjà été reconnue par les autorités burkinabè.

Depuis son arrivée au pouvoir après le coup d’État de septembre 2022, la junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré a renforcé son contrôle de l’espace public et médiatique, dans un contexte de lutte contre les groupes armés et de tensions avec plusieurs partenaires occidentaux.

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