Burkina/Intelligence artificielle : Le CITADEL tient sa 3ᵉ Ecole d’été avec 30 jeunes

L’intelligence artificielle est en train de redessiner les contours du monde contemporain. Conscient des enjeux qu’elle représente pour le développement, le Centre d’excellence interdisciplinaire en intelligence artificielle pour le développement (CITADEL) a lancé, ce lundi 22 juin 2026 à Ouagadougou, la troisième édition de son École d’été en intelligence artificielle. Pendant une semaine, 30 étudiants et doctorants venus de divers horizons seront formés aux fondamentaux de cette technologie avant de participer à un hackathon consacré à la résolution de défis locaux.

Former les compétences qui permettront au Burkina Faso et à l’Afrique de prendre part à la révolution numérique plutôt que de la subir. C’est l’ambition affichée par le Centre d’excellence interdisciplinaire en intelligence artificielle pour le développement (CITADEL) à travers cette troisième édition de son École d’été en intelligence artificielle. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le président de l’université Joseph Ki-Zerbo, le Pr. Antoine Béré, qui a salué une initiative contribuant à renforcer les capacités locales dans un domaine devenu stratégique pour l’avenir des nations.

« L’Afrique ne doit pas être une marge de l’intelligence artificielle », a-t-il insisté devant les participants. Pour lui, cette technologie constitue aujourd’hui un puissant moteur de transformation économique et sociale capable de révolutionner des secteurs tels que la santé, l’agriculture, l’éducation ou encore l’innovation technologique.

« Je salue l’engagement remarquable du centre CITADEL, qui, depuis quelques années, œuvre avec constance pour faire émerger au Burkina Faso un écosystème d’excellence en intelligence artificielle fondée sur la recherche, l’innovation, la formation et l’impact social », indique Antoine Béré, président de l’université Joseph Ki-Zerbo

Le président de l’université a souligné que le Burkina Faso ne peut rester à l’écart de cette dynamique mondiale. « Ce projet permet chaque année de mettre à la disposition du pays des compétences bien formées dans le domaine de l’intelligence artificielle », a-t-il affirmé. Au-delà des spécialistes du numérique, il s’est réjoui de la diversité des profils sélectionnés. Médecins, chercheurs et professionnels issus de plusieurs disciplines figurent parmi les 30 participants retenus pour cette édition, illustrant le caractère transversal de l’intelligence artificielle. Le thème retenu cette année, « Intelligence artificielle, innovation et souveraineté numérique en Afrique », traduit cette volonté de permettre au continent de développer ses propres solutions technologiques en tenant compte de ses réalités et de ses priorités.

Selon Rodrigue Kafando, chargé de recherche au CITADEL, la formation va leur permettre en fait de s’immerger sur les aspects théoriques

Développer des solutions adaptées aux réalités africaines

Selon Rodrigue Kafando, chercheur à l’Université virtuelle du Burkina Faso et chargé de recherche au sein du CITADEL, cette initiative est née d’un constat simple : l’Afrique ne doit pas rester en marge du développement de cette technologie qui transforme déjà les économies du monde. Le centre est issu d’un projet remporté par le Burkina Faso dans le cadre d’un appel à compétition opposant les pays d’Afrique francophone et anglophone. Depuis sa création, son objectif demeure le même : former des talents locaux capables d’apporter des réponses innovantes aux défis du continent. « L’objectif premier est de former des personnes capables de réfléchir à la manière de développer des solutions locales pour répondre à des problématiques locales », explique-t-il.

Pour y parvenir, les chercheurs du centre travaillent en collaboration avec différents acteurs et institutions afin d’identifier les besoins réels du terrain. Les solutions développées s’appuient ensuite sur ces réalités contextuelles. Les résultats commencent déjà à être visibles. Selon Rodrigue Kafando, le centre a contribué à former une centaine d’ingénieurs en intelligence artificielle. Ces compétences alimentent aujourd’hui l’écosystème national de l’IA et participent au développement de plusieurs initiatives dans le pays. La formation de cette année s’articule autour d’une phase théorique consacrée aux fondements de l’intelligence artificielle. Les participants seront initiés au traitement des données, à l’analyse de données textuelles, au machine learning, à l’apprentissage profond ainsi qu’à la conception des modèles d’IA. Après plusieurs jours d’apprentissage intensif, ils prendront part à un hackathon de deux jours durant lequel ils devront appliquer les connaissances acquises pour résoudre des défis concrets dans des secteurs tels que la santé ou l’agriculture.

Ariel Shadrac Ouédraogo, doctorant en médecine, pense que l’IA peut aider la santé à être plus efficace

Les meilleures équipes seront récompensées, mais l’objectif va bien au-delà de la compétition. Il s’agit surtout de stimuler l’esprit d’innovation et d’encourager l’émergence de projets susceptibles d’avoir un impact réel sur le développement du Burkina Faso.

La santé parmi les secteurs porteurs

Parmi les participants figure Ariel Shadrac Ouédraogo, doctorant en médecine. Pour lui, cette formation représente une opportunité de renforcer ses compétences dans un domaine devenu incontournable. « L’intelligence artificielle est une technologie incontournable de notre époque. Maîtriser ses bases va renforcer mes capacités en tant que professionnel de santé et comme acteur du développement », affirme-t-il.

Dans le secteur sanitaire, les applications de l’intelligence artificielle sont nombreuses. Elle peut contribuer à l’aide au diagnostic, à la prévention ou encore à la détection précoce des maladies. Pour ce jeune médecin, ces outils pourraient également permettre de répondre à certaines difficultés auxquelles le système de santé burkinabè est confronté, notamment en matière d’accessibilité et de disponibilité des soins. Déjà impliqué dans des projets de santé numérique et de science des données, il considère cette École d’été comme une occasion de consolider ses acquis, d’élargir ses connaissances et d’échanger avec d’autres spécialistes.

30 jeunes participent à cette 3ᵉ édition

Au terme de cette semaine de formation, les organisateurs espèrent voir émerger des idées novatrices capables de répondre à des problématiques concrètes dans plusieurs domaines stratégiques. Une ambition qui s’inscrit dans la vision de faire de l’intelligence artificielle un levier de développement, d’innovation et de souveraineté numérique pour le Burkina Faso et pour l’Afrique.

Farida Thiombiano

Lefaso.net

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