CEMAC : la crise du scanner au port de Douala a pesé sur les prix au Cameroun, au Tchad et en Centrafrique
Selon la BEAC, banque centrale des pays de la CEMAC, dans sa note sur l’évolution de l’inflation dans la région à fin mars 2026, le blocage des activités de scanning des marchandises au Port autonome de Douala a affecté les prix au Cameroun, en République centrafricaine et au Tchad. La banque centrale précise que cette perturbation de la chaîne logistique a contribué à freiner le repli attendu de l’inflation au premier trimestre.
La BEAC indique que les activités de scanning ont été bloquées pendant un mois et demi, du 1er janvier au 18 février 2026, avant de reprendre le 18 février. Elle relie cette situation à une querelle juridique entre les opérateurs SGS et Transatlantic, dans un contexte de blocage des activités portuaires concernant notamment les importations destinées au Cameroun, au Tchad et à la République centrafricaine.
À l’origine de ce différend, le Port autonome de Douala a annoncé qu’à compter du 1er janvier 2026, les opérations de scanning seraient assurées par Transatlantic D SA, en remplacement de la Société générale de surveillance (SGS), en charge de cette activité depuis 2015. Cette décision a été contestée par le ministère camerounais des Finances, qui a demandé le maintien du cadre contractuel existant avec SGS.
Le désaccord reposait sur une divergence d’interprétation du cadre juridique applicable. Le PAD considérait que le contrat liant SGS à l’État camerounais était arrivé à échéance au 31 décembre 2025, tandis que le ministère des Finances estimait, pour sa part, que ce contrat restait valable au-delà de cette date. Cette divergence a entraîné une période d’incertitude et de réorganisation pour les usagers du port.
Dans son rapport, la BEAC souligne que l’impact inflationniste n’a pas été uniforme dans la sous-région. En glissement annuel à fin mars 2026, le Cameroun, qui représente 52 % de la consommation totale de la CEMAC, est resté le principal contributeur à l’inflation régionale, avec 110,8 points. À l’inverse, le Tchad a continué de freiner l’inflation régionale, avec une contribution négative de 47,1 points. La Guinée équatoriale, la République centrafricaine, le Congo et le Gabon ont également affiché des contributions positives mais plus limitées.
La banque centrale explique la situation du Tchad par la baisse des prix de certains produits importés de Libye, favorisée par l’affaiblissement du dinar libyen, ainsi que par de bonnes récoltes locales, qui ont soutenu l’offre alimentaire. À l’échelle de la CEMAC, l’inflation moyenne annuelle est revenue à 1,4 % à fin mars 2026, contre 4,0 % un an plus tôt.
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