Climat: «Genève peut être à 50°C d’ici vingt ans»

Le thermomètre s’affole et les projections climatiques s’assombrissent pour la Suisse. Interrogé par la RTS dans le «19:30», le philosophe et expert environnemental Dominique Bourg prévient que des températures maximales de 50°C à Genève sont désormais «tout à fait possibles» d’ici vingt ans.

Alors qu’il y a deux décennies, le réchauffement mondial progressait de 0,2°C par décennie, ce rythme a presque doublé pour atteindre aujourd’hui +0,35°C. Conséquence directe, la barre des +2°C par rapport à l’ère préindustrielle pourrait être franchie dès les années 2030, soit bien plus tôt que l’horizon 2050 initialement évoqué. La Suisse se trouve en première ligne de ce dérèglement, puisqu’elle se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne planétaire. En 2025, la température moyenne annuelle du pays affichait déjà 3°C de plus qu’au XIXe siècle.

Cette surchauffe menace directement les écosystèmes et l’économie. Dominique Bourg évoque la souffrance visible de la flore dès 40°C et le sort tragique d’oiseaux qui, étouffés par la chaleur sous les toits, se jettent des nids. Les infrastructures urbaines, comme les transformateurs électriques, risquent également de céder face à des étés étouffants caractérisés par des nuits ne descendant plus sous les 25°C.

Pointant du doigt l’inaction historique des élites politiques et économiques malgré des modèles scientifiques fiables existant depuis cinquante ans, l’expert refuse pourtant tout fatalisme. Pour lui, chaque fraction de degré évitée représente des souffrances et des famines en moins à l’échelle globale.

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