Conflit SDIS-Conseil départemental : vers une sortie de crise après la signature d’un protocole d’engagement

Le conflit qui oppose le SDIS et le Conseil Départemental est enfin sur la voie de l’apaisement.

Ce vendredi matin (19 juin), au bout de plus de deux heures d’une séance de travail cruciale, les deux parties sont tombées d’accord pour signer un protocole d’engagement.

Ce texte devrait être officiellement validé le 7 juillet prochain, lors du vote du Budget Supplémentaire de la Collectivité en séance plénière.

Travailler sur les moyens et longs termes

Pour débloquer la situation, la Collectivité a d’ores et déjà arrêté des rallonges financières et des rattrapages.

L’objectif : se rapprocher, au moins sur les années 2025 et 2026, d’un équilibre budgétaire capable de répondre aux exigences et aux aspirations des pompiers.

Le plus dur reste pourtant à faire : c’est sur le moyen et le long termes qu’il faut désormais travailler.

L’enjeu est de trouver un rythme de croisière afin de stabiliser et rassurer ce service public de sécurité civile, indispensable à la population.

Jean-Philippe Courtois, 1er Vice-Président du Conseil Départemental, se veut rassurant et optimiste, mais également réaliste :

Nous avons déjà versé 7,5 millions dans le cadre d’une avance de trésorerie. Nous nous sommes engagés à pérenniser une augmentation de l’enveloppe en direction du SDIS, qui est passé de 27 millions il y a deux ans à 29 millions l’an dernier, consolidé cette année, plus 3 millions qui sont en cours d’études pour être reversés sur cette fin d’année 2026. Nous avons aussi, durant toute cette année 2025 et 2026, renforcé l’ensemble des casernes avec l’arrivée de VSAV neuf, de camions incendie, d’équipements de sécurité. Nous avons débuté aussi des travaux de rénovation sur les casernes. C’est vrai qu’il reste beaucoup à faire. Nous en sommes conscients, mais il s’agit pour nous de faire face aussi à cet héritage que nous avons trouvé en arrivant et nous voulions la rassurer, nos sapeurs-pompiers, que nous sommes à leur côté, que la parole du président Losbar et celle du président Angélique vont être tenues, car nous sommes conscients que pour une Guadeloupe qui se porte bien, il est nécessaire que ces sapeurs-pompiers puissent agir dans les meilleures conditions.

Entre soulagement et vigilance

Du côté du syndicat majoritaire FO, le porte-parole Jocelyn Zou reste prudent et vigilant face aux accords signés.

Il affirme tout de même faire confiance au Conseil Départemental pour garantir la pérennité du Service d’Incendie et de Secours de Guadeloupe :

J’entends qu’il y a des créances à recouvrir et on salue cette action. On avance sur le SDIS de Saint-Martin, mais également sur le CHU qui nous doit aussi de l’argent. Mais il faut se dire qu’on va devoir pérenniser cet effort. Oui, pour le coup, pour 2026 c’est réglé, on l’entend bien. Mais dorénavant, il va falloir anticiper et voir comment sécuriser cette activité sur la durée. La sécurité coûte cher, elle a un coût, mais elle n’a pas de prix. Ce jeudi, nous avons fait un pas et on espère que les promesses seront tenues lors de la séance plénière au mois de juillet. Il faut que le Conseil Départemental prenne conscience que le SDIS doit avancer stratégiquement par rapport à des besoins réels et factuels. Surtout face aux événements auxquels nous devons faire face : cyclones, séismes, tsunamis… Pour tout ça, il faut impérativement s’organiser.

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