Pour certains habitants, ce congrès représente une opportunité de remettre sur la table des problématiques parfois méconnues du grand public.
C’est le cas d’un professionnel des systèmes d’information géographique qui travaille sur la cartographie des réseaux. Au fil de ses missions, il prétend avoir découvert une réalité préoccupante. « On a vu des choses qui nous ont vraiment fait peur », explique-t-il, évoquant notamment des réseaux qui ne sont pas correctement géoréférencés. Selon lui, l’amélioration de la connaissance des infrastructures est indispensable. Il attend notamment des avancées en matière de télédétection et de modernisation des outils de gestion.
D’autres souhaitent que le débat s’ouvre davantage. Un citoyen qui prévoit de participer au congrès regrette qu’il soit essentiellement réservé aux élus. « C’est une ressource qui appartient à tout le monde », rappelle-t-il. Il espère que les responsables politiques sauront entendre d’autres pistes de solutions, parfois mises de côté jusqu’à présent.
La nécessité de faire appel à davantage d’experts est également revenue dans plusieurs témoignages. « J’espère que ce ne sera pas la énième rencontre pour des propositions qui n’aboutissent à rien », confie une autre personne interrogée. Si elle salue l’initiative, elle estime que le temps est désormais à l’action et aux résultats concrets.
« Des congrès et des réunions, on en a déjà vu beaucoup »
Mais au-delà des attentes, c’est surtout une forme de lassitude qui s’exprime chez plusieurs habitants.
« Ça n’avancera pas. C’est juste un congrès pour faire un congrès », tranche un homme qui ne se fait guère d’illusion sur les conclusions de la rencontre.
Un autre reconnaît que lorsque les responsables se réunissent, « il y a toujours des idées qui circulent », mais il doute que les discussions produisent des effets immédiats sur le quotidien des habitants.
Cette défiance trouve sa source dans une crise qui dure depuis de nombreuses années. À Saint-François, une habitante raconte son quotidien marqué par les coupures d’eau à répétition. « Il n’y a jamais jamais jamais d’eau », déplore-t-elle. Une situation à laquelle elle dit malheureusement s’être habituée, au point de devoir régulièrement se laver à l’aide de bouteilles d’eau.
Enfin, certains interrogés remettent directement en question la gouvernance du secteur. « Qu’on mette des gens sérieux et des gens qui vont diriger l’eau correctement », réclame un homme interrogé. Selon lui, les changements d’élus n’ont pas permis d’améliorer la situation. Il plaide pour une gestion davantage confiée à des professionnels du secteur plutôt qu’à des responsables politiques.
À quelques heures du congrès qui se tient ce mercredi 24 jui, un constat s’impose : si les Guadeloupéens continuent d’espérer une amélioration de la situation, beaucoup attendent désormais des actes plus que des promesses. Pour eux, l’enjeu n’est plus de multiplier les réunions, mais de trouver enfin des solutions durables à une crise qui affecte leur quotidien depuis trop longtemps.
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