Coopération Guinée–PNUD : Ismaël Nabé appelle à un partenariat tourné vers les résultats et les ambitions de Simandou 2040
La revue nationale annuelle du cadre de coopération entre la Guinée et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) s’est tenue ce mercredi 5 août 2026 dans un complexe hôtelier de Conakry, sous la présidence du ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé.
La rencontre a réuni plusieurs membres du gouvernement, le représentant résident du PNUD en Guinée, des partenaires techniques et financiers, des représentants du secteur privé ainsi que des acteurs de la société civile.
Consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre du Programme de coopération pays (CPD 2024-2028) au titre de l’année 2025, cette revue a permis de dresser le bilan des actions réalisées, d’identifier les défis à relever et de définir les nouvelles orientations destinées à renforcer l’impact du partenariat entre la Guinée et le PNUD.
A l’entame, la directrice nationale adjointe en charge des organisations internationales au ministère du Plan et de la Coopération internationale, Mme Fatmata Fatim Kaba, a rappelé que cette rencontre constitue avant tout un exercice de redevabilité et de transparence.
« La revue annuelle est une évaluation. C’est un exercice de redevabilité et de transparence des actions mises en œuvre dans le cadre de la coopération entre le gouvernement guinéen et le PNUD », a-t-elle déclaré. Elle a souligné que l’année 2025 a été marquée par de nombreuses interventions en faveur des jeunes, des femmes, de la décentralisation ainsi que par un appui à l’élaboration de plusieurs politiques et plans nationaux.
Selon elle, cette revue offre l’occasion de mesurer les résultats obtenus, d’évaluer les difficultés rencontrées et de préparer les prochaines étapes de la coopération. Elle a également mis en avant les missions de suivi effectuées chaque année par le ministère du Plan, à travers des visites de terrain et des comités de pilotage, qui permettent d’apprécier concrètement les effets des projets sur les populations.
Dz son côté, le représentant résident du PNUD en Guinée a qualifié cette revue d’ »exercice essentiel de redevabilité, d’apprentissage et d’orientation stratégique », estimant que le partenariat entre la Guinée et l’agence onusienne s’inscrit désormais dans une nouvelle dynamique portée par le programme Simandou 2040.
Il a révélé qu’en 2025, plus de 15 millions de dollars américains ont été mobilisés dans le cadre de cette coopération, dont près de 11 millions de dollars consacrés aux actions liées à la résilience climatique et à l’économie verte.
Il a également présenté les principaux résultats enregistrés au cours de l’année écoulée. Dans le domaine de la gouvernance, plus de 500 cadres de l’administration publique ont été formés et une enquête de profilage des 375 communes du pays a été lancée afin de renforcer la planification des politiques publiques.
Sur le volet de la cohésion sociale, il a indiqué que 59 forums locaux de sécurité et de prévention de la délinquance ont été mis en place, avec une forte implication des jeunes, notamment 290 jeunes femmes.
Au plan économique, les différents programmes soutenus par le PNUD ont permis la création de plus de 600 emplois, principalement au profit des jeunes et des femmes, tout en favorisant l’entrepreneuriat, la transformation agricole et le développement local.
Il a en outre mis en avant les avancées enregistrées dans le numérique grâce au développement d’un écosystème d’innovation autour du centre inauguré en 2025, lequel a déjà accueilli un bootcamp francophone dédié à l’intelligence artificielle.
En matière de résilience climatique, il a indiqué que plus de 17 000 hectares ont été restaurés ou placés sous gestion durable, tandis que près de 18 000 personnes ont adopté des pratiques agricoles adaptées aux effets du changement climatique. Il a aussi cité les progrès réalisés dans l’accès à l’énergie propre grâce à plusieurs infrastructures solaires, notamment celle de Tchanguilbori, qui fournit désormais de l’électricité à plus de 7 000 habitants.
Malgré ces performances, le représentant du PNUD en Guinée a attiré l’attention sur la diminution des contributions de certains bailleurs de fonds et sur la faiblesse des financements nationaux. Il a plaidé pour un meilleur alignement du cadre de coopération avec les ambitions du programme Simandou 2040.
Prenant la parole pour la circonstance, le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, a appelé à faire de cette revue annuelle un véritable instrument d’amélioration des politiques publiques.

« C’est un moment de vérité. Nous devons nous demander ce que nous avons accompli, ce qu’il reste à corriger et surtout comment faire mieux, plus vite et avec davantage d’impact pour nos populations », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que la Guinée s’est engagée dans une nouvelle phase de son développement sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya, à travers le programme Simandou 2040, qui ambitionne de transformer les ressources naturelles en levier de développement humain, de moderniser les infrastructures, de renforcer la souveraineté alimentaire, d’améliorer le capital humain et de consolider la performance des institutions publiques.
Saluant les interventions du PNUD dans les domaines de la gouvernance, de la transformation numérique, du développement local, de la mobilisation des ressources et du renforcement des capacités, le ministre Nabé a affirmé que la Guinée considère désormais l’agence onusienne comme « un partenaire de transformation » plutôt qu’un simple partenaire technique et financier.
Il a toutefois insisté sur la nécessité de faire évoluer le partenariat.
« Nous devons désormais passer d’une logique centrée sur les activités à une logique centrée sur les résultats. Il ne suffit plus de dire que nous avons organisé des ateliers. Nous devons démontrer que ces actions changent réellement la vie des populations », a-t-il déclaré.
Pour accompagner cette nouvelle vision, le ministre a proposé que la coopération repose désormais sur quatre principes : l’alignement des projets sur les priorités nationales, la recherche d’impacts mesurables, la mobilisation de financements innovants et le renforcement de la culture de la donnée, de l’évaluation et de la connaissance.
Il a également invité le PNUD à intensifier son accompagnement dans la mobilisation de ressources auprès des partenaires internationaux, des fondations et des investisseurs privés, tout en encourageant le développement de mécanismes de cofinancement pour soutenir les projets structurants du programme Simandou 2040.
« Nous ne devons plus seulement chercher à financer des projets. Nous devons construire des conditions durables de financement autour des priorités nationales », a-t-il insisté.
Il a par ailleurs exprimé le souhait que cette revue annuelle marque l’avènement d’« une nouvelle génération de partenariat » entre la Guinée et le PNUD, fondée sur davantage d’ambition, de responsabilité, d’intégration et de résultats concrets au bénéfice des populations.
Les travaux se sont achevés sur un engagement renouvelé des autorités guinéennes et du PNUD à consolider leur coopération afin d’accélérer la mise en œuvre des objectifs du programme Simandou 2040 et de promouvoir un développement plus inclusif, durable et résilient.
Youssouf Keïta
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