Si son nom n’est pas forcément le plus connu dans notre pays, Zac Lomax ne cesse de faire parler de lui en Australie. À 26 ans, le natif de Temora s’est rapidement retrouvé dans une impasse. Sûrement naïf, il avait résilié son contrat avec les Eels de Parramatta en NRL pour changer de code et s’engager dans cette fameuse ligue rebelle R360. Un nouveau championnat, qui avait fait couler beaucoup d’encre et dont le lancement a finalement été reporté. Sans club et interdit de signer en faveur d’une formation de NRL pour les trois prochaines saisons, bloqué par un accord avec les Eels, Lomax a donc rallié le Super Rugby et la Western Force en cours de saison.
L’ailier s’est rapidement adapté, a inscrit deux essais et s’est affirmé comme un potentiel futur Wallaby. Actuellement blessé aux adducteurs, il n’a pas été sélectionné pour le Championnat des nations ni pour la prochaine double confrontation contre le Japon en août. Mais en Australie, nombreux sont ceux qui parlent de lui pour intégrer le squad en vue de la prochaine Coupe du monde. Il y a quelques jours, dans les colonnes du Sydney Morning Herald, Lomax réaffirmait sa volonté de jouer pour les Green and Gold : “Mon cœur et mon âme sont absolument dédiés à l’Australie dans le rugby à XV. Je ne veux rien d’autre que d’enfiler ce maillot or.”
Départ pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, quid de son avenir avec l’Australie ?
Pourtant, de nombreuses rumeurs renvoyaient l’ancien des Dragons de St. George en NRL. Et ces bruits de couloirs se sont finalement confirmés, puisque Lomax a donné son accord aux PNG Chiefs, nouvelle franchise basée en Papouasie-Nouvelle-Guinée qui verra le jour en 2028. Les Eels ont finalement accepté que Lomax puisse signer dans un autre club de NRL et le joueur a refusé le Storm de Melbourne, déjà venu à la charge il y a quelques mois, pour se lancer dans ce nouveau projet : “Nous allons choquer la NRL, je vous le dis, et j’ai hâte d’en faire partie, a-t-il déclaré lors de sa signature en milieu de semaine. Faire partie de l’histoire est ce qui m’a attiré tout de suite. Dès mes premiers échanges avec l’équipe, il s’agissait de laisser un héritage, de transformer la nation et de donner en retour à ce pays.”
Soit, mais quid de son avenir à XV donc ? Michael Chammas, futur manager général des PNG Chiefs, a tenu à rassurer son monde. Jusqu’à ce début d’année 2028, Zac Lomax restera pleinement impliqué dans le rugby à XV, avec son club de la Western Force mais aussi potentiellement avec la sélection australienne, s’il venait à être convoqué. En revanche, comment ont réagi les dirigeants de Rugby Australia ? Comptent-ils toujours sur un joueur qui, après avoir pourtant clamé son envie de disputer le Mondial avec l’Australie, va finalement repartir à XIII dans sa discipline de prédilection ? N’ont-ils pas pris cela pour un manque de respect, alors que le XV l’a sorti d’une bien mauvaise situation ?
Eh bien non. Car en conférence de presse ces dernières heures, Les Kiss, le nouveau sélectionneur des Wallabies, a laissé entendre qu’il comptait toujours s’appuyer sur Lomax tant que ce dernier serait sous contrat avec la fédération australienne de rugby à XV : “Il est sous contrat avec nous, il est dans le système, donc il sera sur notre radar. C’est un très bon joueur et un excellent athlète. Il a faim de réussir. Je veux que la sélection soit difficile à faire. S’il pousse les autres joueurs du triangle arrière à être meilleurs, j’adhère totalement.”
Reste désormais à savoir si, dans un triangle arrière toujours plus concurrentiel, Lomax aura sa chance. Il faut dire qu’avec la présence du jeune phénomène Max Jorgensen, du prochain retour de Mark Nawaqanitawase, sûrement l’un des joueurs les plus spectaculaires du circuit, ou la présence des Pietsch, Potter, Toole ou Daugunu, il sera difficile de se faire une place au soleil. Mais les qualités aériennes du joueur en font un précieux atout et Les Kiss semble enthousiaste à l’idée d’intégrer Lomax dans son équipe. Joueur exceptionnel à XIII, Zac Lomax pourrait donc vivre une aventure grandiose à XV avant de se lancer dans un nouvel alléchant défi en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Néanmoins au pays, beaucoup sont ceux qui se plaignent de son côté “girouette” et “indécis” voire “mercenaire” et le fait d’être préféré à des joueurs engagés sur le long terme avec Rugby Australia. Lui n’en a que faire.
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