Crise au Mali : la diaspora au Nouveau-Brunswick inquiète

Des djihadistes affiliés à Al-Qaïda ont revendiqué samedi une série d’attaques au Mali, une situation qui suscite l’angoisse dans la communauté malienne du Nouveau-Brunswick.

Le Mali traverse une crise sécuritaire sans précédent. Les violents affrontements du 25 avril ont opposé le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (JNIM) et les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) à l’armée malienne.

Le JNIM lutte pour instaurer un État islamique dans le pays et le FLA est, lui, engagé dans un combat pour obtenir l’indépendance de l’Azawad, un territoire disputé depuis plus de 60 ans.

Les combats de samedi ont fait suite à des attaques qui ont ciblé les villes stratégiques de Kati, Kidal, Sévaré, Gao et de Bamako, la capitale.

L’État malien fait état de 16 blessés, dont des militaires et des civils. Le gouvernement a aussi confirmé le décès du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, à la suite de l’attaque de sa résidence par un véhicule piégé conduit par un kamikaze.

L’écrivaine Fatoumata Guindo est établie au Nouveau-Brunswick depuis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

Les Maliennes et Maliens du Nouveau-Brunswick qui ont de la famille sur place ne restent pas indifférents aux violences qui secouent leur pays.

On se réveille un matin, on voit les nouvelles, on est tellement apeurés, raconte Fatoumata Guindo, une écrivaine qui vit au Nouveau-Brunswick depuis huit ans.

Ibrahim Najum pose pour la photo.

Ibrahim Najum est étudiant au doctorat dans une université de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

Ibrahim Najum, qui est étudiant au doctorat à l’Université de Moncton, dit ressentir de l’angoisse face aux difficultés éprouvées pour rejoindre ses proches.

On essaie de prendre des nouvelles des gens. Si le téléphone ne sonne pas, on s’inquiète. Si la personne n’est pas connectée, on s’inquiète. On vit avec, raconte-t-il.

Mohamed Ali Ag Hamed, professeur à l’Université de Moncton, est lui aussi inquiet.

J’ai ma famille dans la région de Tombouctou et on craint que la région soit aussi attaquée. Donc, je suis un peu déconcentré. Maintenant on est en évaluation pour les étudiants et on n’arrive pas très bien à se concentrer, confie-t-il.

Mobilisation pour soutenir les victimes

Impuissante face aux affrontements violents au Mali, l’Association malienne du Nouveau-Brunswick suit de loin l’évolution de la situation et compte ramasser de l’argent pour soutenir les familles des victimes.

Les soldats qui sont décédés ont laissé des femmes et des enfants derrière eux. Certes, l’État va leur venir en aide et, nous aussi, on va voir comment on peut leur venir en aide, précise Samba Samoura, le président de l’Association.

Une personne assise dans une maison.

Samba Samoura, président de l’Association malienne du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

D’autres, comme Daouda Diarra, s’organisent déjà pour soutenir leurs proches.

Nous aidons nos parents à rester à la maison en leur transférant le peu qu’on peut. Mais cela aussi est menacé parce qu’il y a des banques qui commencent à fermer, regrette M. Diarra, qui est professeur à l’Université Saint-Thomas.

Une personne assise sur chaise.

Daouda Diarra est professeur d’université installé dans la capitale néo-brunswickoise, Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Mikael Mayer

La hausse du coût de la vie au Canada laisse aussi peu de marge de manœuvre à ceux qui souhaitent aider leur famille.

On arrive parfois à se poser la question s’il faut payer la facture d’électricité ou envoyer de l’argent au pays, affirme Ibrahim Najum.

Appel au dialogue

Selon l’Association malienne du Nouveau-Brunswick, il y a environ 1000 Maliens qui vivent, travaillent ou étudient dans la province.

Ces Maliennes et Maliens appellent les différentes parties en conflit à privilégier la voie du dialogue pour préserver la paix et l’unité.

Le Mali est un pays très diversifié avec beaucoup d’ethnies. Et donc, si on n’essaie pas de comprendre nos différences, ça serait très difficile d’aller ensemble, conclut Mohamed Ali Ag Hamed.

L’espoir repose sur des partenaires comme le Canada pour inciter les parties prenantes à regagner la table des discussions.

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