De Patrice Chéreau à la Comédie-Française : le parcours de Dominique Blanc

Le 11 juillet 2026, Dominique Blanc quitte la Comédie-Française après dix années passées au sein de la prestigieuse troupe. La comédienne referme ainsi un chapitre majeur d’une carrière guidée par l’amour des grands textes et un engagement scénique de tous les instants. Une passion née très tôt, qui n’a jamais cessé de nourrir son parcours.

« Ça a été mes dix plus belles années », déclarait l’actrice Dominique Blanc, 69 ans, au micro de France Inter le 28 décembre 2025 alors qu’elle annonçait son départ de La Comédie-Française prévu pour le 11 juillet 2026. Sa première pensée allait à Eric Ruf, administrateur général de la Comédie-Française, qui lui avait offert l’opportunité de rejoindre la troupe en 2016 et d’y interpréter, selon ses mots, « des rôles magnifiques avec des metteurs en scène exceptionnels ».

Née Rose-Marie Blanc à Lyon le 25 avril 1956, la comédienne entre à la Comédie-Française le 19 mars 2016, à l’âge de 60 ans. Une entrée tardive, mais éclatante dans ce temple du théâtre qu’elle n’imaginait peut-être plus rejoindre après une carrière déjà riche de succès sur les planches comme au cinéma.

L’archive placée en ouverture de cet article revient sur ses premiers pas au sein de la Maison de Molière. Diffusé au journal de 20 heures de TF1 le 13 mai 2016, le reportage suit Dominique Blanc dans les coulisses de son nouveau quotidien.

Filmée dans la salle Richelieu encore vide, dans les couloirs du théâtre puis dans sa loge, la comédienne apparaît à la fois rayonnante et presque incrédule face à ce nouveau départ. « C’est magique de se retrouver ici », confie-t-elle avec émotion.

Depuis quelques semaines, elle interprète Agrippine dans Britannicus, mis en scène par Stéphane Braunschweig. À cette période, Dominique Blanc mène de front deux aventures théâtrales. L’après-midi, elle répète et joue à la Comédie-Française ; le soir, elle retrouve la scène du Théâtre de la Ville où elle triomphe dans le rôle de la marquise de Merteuil dans Les Liaisons dangereuses, aux côtés de Vincent Perez. Une prestation qui lui vaudra son troisième Molière. « Un emploi du temps rock’n’roll », plaisante-t-elle alors. Avant d’ajouter, avec son humour coutumier : « donc, dans mon cerveau, c’est parfois un peu compliqué ».

La comédienne mesure pleinement la chance qui lui est offerte. Consciente d’intégrer la troupe à un âge où certaines de ses contemporaines songent à ralentir leur activité, elle savoure ce tournant inattendu. « C’est un grand luxe, sûrement. C’est un grand bonheur et un grand honneur », souffle-t-elle.

Cette joie n’efface pas pour autant les exigences du métier. Dominique Blanc connaît trop bien les fragilités d’une carrière de comédienne pour considérer cette étape comme acquise. « C’est un métier où ce sont les montagnes russes. Il ne faut jamais l’oublier. Je ne l’oublie jamais. J’y suis très sensible. Je suis très heureuse. J’ai le trac. J’espère que je serai à la hauteur de l’événement », confie-t-elle.

Quelques semaines plus tard, en juin 2016, elle évoque à nouveau son arrivée à la Comédie-Française dans le journal de 13 heures de France 2. La nouvelle pensionnaire y décrit une « aventure passionnante, à la fois humaine et artistique », soulignant l’honneur de rejoindre un « lieu d’excellence » où « les partenaires sont excellents, les textes sont magnifiques », mais où « les enjeux et les pressions sont énormes ».

Elle révèle également avoir construit son Agrippine en s’appuyant sur son travail de Madame de Merteuil dans Les Liaisons dangereuses. Avec la modestie qui la caractérise, elle explique que l’essentiel de son travail a consisté à apprivoiser la musique et la précision des alexandrins de Racine.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.