Depuis 40 ans, l’association des amis des musées fait vivre l’art et la création à Nîmes

L’association des amis des musées de Nîmes célèbre quarante ans d’engagement pour l’art. Entre soutien financier, actions sociales et acquisitions d’œuvres, elle relie création contemporaine et publics passionnés ou éloignés avec une constance précieuse.

« C’est précieux », la phrase revient en bouche chez Hélène Audiffren, la directrice de Carré d’art quand elle évoque l’Association des amis du musée d’art contemporain et du musée des Beaux-arts (Aamac), dont les missions sont multiples. Créée il y a 40 ans, en 1985, elle est plus vieille que Carré d’art, inauguré en 1993. « Elle a accompagné le projet de création du musée. D’ailleurs, la première présidente était Dominique Bousquet », précise Dominique Treissède, aujourd’hui présidente.

Au départ, l’association s’intéressait uniquement à l’art contemporain et à Carré d’art, puis a étendu son champ d’action au musée des Beaux-arts. « Notre but est de faire connaître le musée, les collections, d’élargir les publics grâce à nos adhérents évidemment, à nos actions et aux gens qu’on reçoit. Nous faisons par exemple venir des associations des quartiers populaires qui ne viendraient pas forcément au musée », poursuit la présidente. « C’est rare, je connais très peu d’associations d’amis qui font ce travail de diversification vers les publics empêchés« , se félicite Hélène Audiffren. « On a par exemple beaucoup travaillé avec les mineurs non accompagnés, avec des ateliers ou des visites pour faciliter l’accès au français devant les œuvres », précise Dominique Treissède.

« Faire connaître le musée, les collections »

Avec 300 membres environ, pas seulement nîmois, l’association n’est pas un club de mécènes, mais œuvre à faire vivre l’art et la création. Les membres se rendent régulièrement dans les musées de la région pour visiter des expositions. Chaque année, un week-end est organisé à Paris, parfois à l’étranger. L’association, qui est logée au sein du bâtiment de Norman Foster, édite également une revue, Le Regardeur dont le 16e numéro vient de paraître, organise des conférences, rencontre des artistes dans leurs ateliers…

L’autre mission d’une association des musées, c’est aussi de collecter de l’argent pour financer des projets et des acquisitions. Chaque année, en fonction du budget disponible, Dominique Treissède discute avec la direction du musée des achats envisagés puis propose à son conseil d’administration de soutenir des acquisitions. « Ce n’est pas l’association qui choisit, précise Hélène Audiffren. Dans les musées de France, toute acquisition, achat ou don, passe devant une commission scientifique. Cela se fait en concertation et en cohérence avec nos collections ».

Une marine de G. Julien, exposée au musée des Beaux-arts, restaurée grâce à l’association.

Cette année, l’association a financé, à hauteur de 10 000 €, la restauration de deux tableaux du musée des Beaux-arts, présentées dans l’exposition sur l’eau, notamment une marine mystérieuse et tempétueuse de G. Julien. Pour Carré d’art, elle va acheter deux œuvres d’Alassan Diawara, exposé dans le cadre de La Contemporaine, après une longue résidence à Nîmes. « Souvent, l’association vient enrichir les collections avec des œuvres de jeunes artistes », précise Hélène Audiffren. Par le passé, l’association a acheté des œuvres de Sylvain Fraysse, actuellement en résidence au centre de documentation.

De la souplesse pour les acquisitions

Dans l’accrochage actuel, plusieurs œuvres de Rayyane Tabet, Walid Raad, Felipe Romero Beltran ou de Daniel Dezeuze ont été acquises grâce à l’association, qui bénéficie d’une souplesse, d’une agilité que n’ont pas les musées. Ainsi, l’association a pu financer un encadrement quand le musée des Beaux-arts n’avait pas le budget. Les conservateurs peuvent aussi lui signaler une vente aux enchères à surveiller.

Pendant le confinement, Wolfgang Tillmans a voulu soutenir des structures culturelles en demandant à ses amis artistes de réaliser des affiches, avec la fondation Between Bridges. Les œuvres étaient signées par des stars et étaient vendues 50 euros sur internet. Les contraintes administratives des musées rendaient l’acquisition délicate. À la demande de Jean-Marc Prévost, l’ancien conservateur du musée, l’association en a acheté 20, signées Christopher Wool, William Eggleston, Jeff Koons, Andreas Gursky, Marlene Dumas ou Pierre Huygue !


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