D’ici et ailleurs : la vie de Mylène Zou-Bieth à Tananarive (Madagascar)

Pour la dernière rubrique « D’ici et ailleurs » de cette saison 2025/2026, nous sommes partis à Antananarivo, ou Tananarive dans sa version francisée. La capitale économique et politique de Madagascar est aussi surnommée la « Cité des mille« . Elle est située à environ 1.280 mètres d’altitude, dans la région des hauts plateaux du centre de Madagascar. Sa population dépasse 1,6 million d’habitants et son agglomération approche les 3,6 millions d’habitants.

C’est là qu’est installée la Guadeloupéenne Mylène Zou-Bieth. Mais comment s’est-elle retrouvée sur cette île, ce bout d’Afrique de l’Océan Indien ?

« C’est un choix que j’ai fait après avoir élevé mes enfants, et j’ai cherché une forme de progression professionnelle et une forme de réalisation de femmes libres, de femmes antillaises libres, et quelque part, aller chercher à Madagascar des racines dont je m’étais peut-être un peu éloignée en Guadeloupe, et c’est surtout l’amour de mon papa qui m’a poussée à chercher des ancrages. Et c’est vrai qu’à Tananarive, en descendant de l’avion, j’ai ressenti une ambiance de la Guadeloupe d’antan, de la Guadeloupe de mon papa, dont il m’a beaucoup parlé. C’est un choix à la fois professionnel et un choix personnel intérieur. »

Mylène Zou-Bieth, proviseure adjointe du lycée français à Tananarive

Mylène Zou-Bieth a quitté la Guadeloupe à 17 ans, sans projet réfléchi. Elle s’est donc construite à distance de sa terre natale, après la brutalité de ce départ.

Malgré les similitudes avec la Guadeloupe, une réalité la choque toujours aujourd’hui, après 4 ans de présence à Madagascar : la pauvreté d’une large part de la population, y compris d’enfants. Elle estime, par ailleurs, que Tananarive n’est pas adaptée pour les femmes seules, car l’insécurité y règne, surtout après la nuit tombée.

« On nous invite clairement à ne pas jouer la solitude dans les rues de Tananarive. Alors c’est assez compliqué, quand on est une femme indépendante comme moi, qui aime prendre sa voiture, sortir, aller au cinéma, aller voir des amis, aller faire du sport. À Tananarive, ce sont des habitudes auxquelles j’ai dû me déshabituer. Et c’est vrai que ça fait bizarre. Et on en parle parce qu’il y a beaucoup de femmes expatriées seules à Madagascar et à Tananarive. Et c’est un point commun sur lequel nous discutons beaucoup. Femmes, Tana, ça ne va pas ensemble. »

Mylène Zou-Bieth, proviseure adjointe du lycée français à Tananarive

Pour autant, elle se fond au sein d’une population dans laquelle elle se reconnaît et qui la considère comme Malgache. L’entente avec les femmes locales est totale d’autant que, selon leurs retours, elle est élevée en exemple de femme libre, qui peut se permettre d’avoir de l’ambition et de réaliser ses rêves.

La proviseure adjointe se réalise aussi professionnellement, au sein de ce pays qui a un passé commun avec la Guadeloupe.

« On a un passé commun colonial, forcément, à la différence près que la Guadeloupe est aujourd’hui un département et que Madagascar est un pays. Donc c’est peut-être là que se crée une scission. Un passé commun et un avenir différent. C’est un peu compliqué, mais en termes de passé, il y a beaucoup de connivences. »

Mylène Zou-Bieth, proviseure adjointe du lycée français à Tananarive

Mylène, ce petit bout de femme, a cité une expression créole qui en dit long : « Fo pa ou gadé pat a boukèt pou bay pòté chaj » (Traduction : « Il ne faut pas se fier aux pattes de l’âne pour estimer ce qu’il est capable de supporter« ).

BON À SAVOIR/ « D’ici et ailleurs » est une rubrique que Guadeloupe La 1ère consacre aux Guadeloupéens qui vivent loin de l’archipel ! Chaque jeudi, dans le journal télévisé « 13h00 en Guadeloupe« , Eddy Golbakan se connecte avec un membre de la diaspora ; l’occasion de nous raconter ce qu’il (elle) vit à l’étranger.

D’ailleurs, si vous connaissez des Guadeloupéen(ne)s expatrié(e)s, comme Mylène, quels que soient leurs domaines d’activité, et que vous souhaitez les mettre en avant, vous pouvez nous contacter par mail, à l’adresse suivante : 13henguadeloupe@francetv.fr. Nous ne manquerons pas de prendre contact avec eux… à la rentrée prochaine !

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