L’organisation annonce vouloir s’appuyer sur ce document pour engager d’éventuelles poursuites judiciaires nationales et internationales.
« Les personnes figurant sur la liste ci-jointe, doivent être tenues responsables des enlèvements, des disparations forcées, des séquestrations et des tortures infligées à des honnêtes citoyens … »
C’est sur ce ton que Sekou Koundouno, le responsable des stratégies du Front National pour la Défense de la Constitution, FNDC, vient de rendre publique une liste de 24 personnalités. Il les présente comme responsables de violences visant des leaders de la société civile, des responsables politiques et des militants pro-démocratie en République de Guinée.
La liste cite en premier le président : le général Mamadi Doumbouya. Ancien chef de la junte militaire, c’est lui qui a renversé le président Alpha Condé en septembre 2021, avant d’être investi à la magistrature suprême du pays à la faveur de la présidentielle contestée de décembre dernier.
De hauts gradés de l’armée cités
Ensuite viennent des haut gradés de l’armée et des membres du gouvernement guinéen comme le ministre secrétaire général à la présidence, le général Amara Camara, considéré comme le bras droit de Mamadi Doumbouya, ou encore le Premier ministre, Amadou Oury Bah, pourtant membre fondateur de l’Organisation guinéenne pour la défense des droits de l’Homme.
Sur la liste figure aussi le nom du haut commandant de la gendarmerie, Balla Samoura, celui du procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, ainsi que plusieurs officiers des forces de défense et de sécurité. A leurs côtés sont cités aussi des opérateurs économiques proches du pouvoir en place, à l’image de Taliby Dabo.
Dans ce document publié ce lundi à Conakry, le FNDC estime que ces actes constituent de « graves violations des droits humains ». Il rappelle les engagements internationaux de la Guinée en matière de protection des droits fondamentaux.
L’organisation accuse également les autorités de rétrécir l’espace civique et politique et de recourir à la justice pour réprimer les voix critiques.
Plusieurs organisations saisies
Le FNDC indique avoir transmis ce document à plusieurs institutions internationales : les Nations-unies, la Cour pénale internationale, la Cour de justice de la Cédéao, l’Union africaine, Amnesty International et Human Rights Watch, en vue d’éventuelles poursuites judiciaires.
Les cas les plus connus et emblématiques de ces enlèvements et disparitions souvent perpétrés par des forces de sécurité, incluent notamment Oumar Sylla (alias Foniké Menguè), coordinateur national du FNDC, enlevé le 9 juillet 2024, Mamadou Billo Bah, coordinateur de Tournons La Page (TLP) Guinée, enlevé le même jour, Habib Marouane Camara, journaliste également enlevé dans ce contexte répressif
À ce stade, les personnes citées dans cette publication n’ont pas réagi à ces accusations.
Depuis que Mamadi Doumbouya a pris le pouvoir en septembre 2021, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil. Les disparitions forcées et enlèvements de ceux ayant une voix dissidente et de leurs proches se sont également multipliés.
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