L’association Suflé, un souffle pour Haïti, est née en 2013 à la suite du tremblement de terre qui a secoué Haïti en janvier 2010. Danielle Legagneur-Ravix, dont c’est le pays natal, avait été touchée au plus profond d’elle-même, à tel point qu’elle a remué ciel et terre pour créer une association qui permettrait au peuple haïtien de bénéficier d’une prise en charge sanitaire rapide et de qualité.
« J’ai pris cette décision après le séisme, lorsque je suis retournée en Haïti. L’objectif était de favoriser la création et le fonctionnement d’une unité de réanimation polyvalente à Port-au-Prince, unité qui a beaucoup manqué lors de cette catastrophe », déclarait alors la présidente.
Treize médecins formés
Treize ans plus tard, un long chemin a été parcouru et de nombreux objectifs atteints. « Treize médecins sont venus en France pour se former à la réanimation, dix infirmières haïtiennes ont été diplômées en soins de réanimation par la Société de réanimation de langue française (SRLF). Ce programme doit également sa réussite à l’implication de notre vice-président, le professeur Gilles Capellier, dans son service au CHU de Besançon », a souligné Danielle Legagneur-Ravix, lors de l’assemblée générale, le 18 juin. Dans son rapport moral, elle a longuement évoqué la situation dramatique vécue par les Haïtiens et la difficulté de poursuivre leurs actions à Port-au-Prince.
Insécurité permanente
De nombreuses structures sanitaires ne fonctionnent plus en raison d’une insécurité permanente liée à l’action de terreur menée par les gangs autour et dans Port-au-Prince. Les hôpitaux sont vandalisés, l’unité de soins intensifs de l’hôpital Mirebalais a cessé de fonctionner en 2025. Elle était dirigée par le Docteur Jacotin, formé par Suflé. Devant ces difficultés, d’aucuns baisseraient les bras, mais la présidente veut s’accrocher à l’idée qu’il est encore possible d’agir sereinement dans d’autres zones, comme le Cap-Haïtien, au nord. Cependant, l’association manque de bénévoles et ceux qui œuvrent depuis le début ont réalisé de nombreuses actions de collecte de fonds en fin d’année. La présidente compte sur la fête des associations pour attirer quelques volontaires. En attendant, la décision a été prise d’alléger les activités pour que l’association reprenne son souffle. Si la soupe haïtienne disparaît du calendrier, l’exposition-vente de soieries lyonnaises aura bien lieu, du 21 au 24 octobre, mais sera remplacée par une autre action en 2027. « Nos finances sont saines », a appuyé la présidente, qui souhaite garder l’écho indispensable autour de la situation d’Haïti.
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