Dominique de Villepin donne ses statuettes en partie financées par l’ex-président burkinabé au Quai d’Orsay
Politique
Dominique de Villepin a légué deux statuettes de Napoléon offertes par le lobbyiste Robert Bourgi et financées par l’ancien président du Burkina Faso au Quai d’Orsay. Photo © Michel Euler/AP/SIPA
Dominique de Villepin a remis lundi au ministère des Affaires étrangères deux statuettes de Napoléon reçues au début des années 2000, indique France Info. Ce geste intervient immédiatement après les révélations sur l’ancien ministre de l’émission « Complément d’enquête », diffusée le 30 avril sur France 2.
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Un cadeau financé par l’ancien président burkinabé
L’ancien chef de la diplomatie, puis ministre de l’Intérieur et Premier ministre dans les années 2000 répond ainsi aux déclarations du lobbyiste Robert Bourgi. Figure emblématique de la « Françafrique », ce dernier a affirmé avoir servi d’intermédiaire pour offrir des objets d’art à l’ancien ministre. Selon M. Bourgi, l’une des pièces aurait été financée par Blaise Compaoré, à l’époque président du Burkina Faso, et l’autre par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci.
Des cadeaux valant des dizaines de milliers d’euros
Si Dominique de Villepin reconnaît avoir reçu ces cadeaux à l’occasion de ses anniversaires. Robert Bourgi évoque un montant global de 125 000 euros (75 000 et 50 000 euros par statuette), des chiffres confirmés par la galerie de Souzy, où a eu lieu de l’achat. Les proches de l’ex-Premier ministre affirment, de leur côté, que la valeur réelle serait « quatre à cinq fois inférieure ».
Robert Bourgi à la manœuvre
L’ancien ministre assure qu’il ignorait l’origine des fonds, pensant à l’époque qu’il s’agissait de cadeaux personnels de M. Bourgi. Ses partisans dénoncent de leur côté une manœuvre à charge visant à entraver ses ambitions pour la présidentielle de 2027 et à créer un « écran de fumée » autour des déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy.
Ce nouvel épisode ravive le souvenir des précédentes interventions de Robert Bourgi dans la vie politique française. En 2017, ses révélations sur les costumes offerts à François Fillon avaient plombé la campagne de la droite. En 2011, il avait déjà accusé, sans suites judiciaires, le duo Chirac-Villepin d’avoir perçu des mallettes de billets en provenance d’Afrique.
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