Doumbouya, Goldfinger du golfe | SenePlus

De la rente minière au franc-or ?

En Guinée, les présidents Touré et Conté ont donné une inflexion particulière à ce que l’on qualifie rapidement de rente minière, en liant les ressources tirées du sous-sol à l’indépendance monétaire. A la différence du président déchu Condé, aujourd’hui, la gestion des matières premières et le projet de raffinerie d’or permettent de considérer un épisode Doumbouya, qui s’inscrit dans la volonté ancienne d’autonomie de la Guinée.

La rançon de l’indépendance

Au moment de l’Indépendance, deux grands pays africains francophones s’affranchissent des sous-impérialismes qui les oppressaient et les pillaient. Le Congo Kinshasa, par la rupture de Lumumba avec le royaume de Belgique, et la Guinée, membre du groupe souverainiste avant l’heure, dit de Casablanca, qui répond non au diktat gaulliste et néocolonial. Les indépendances de ces deux nations contrastent  avec l’ordre colonial qui perdure en Abidjan et à Dakar par exemple. Cependant soyons sans illusions, les options hétérodoxes de ces deux États ne sont autorisées par l’impérialisme américain dominant, qu’en raison des scandales géologiques qu’ils représentent. 

La déconnexion entre l’empire français d’Afrique et la Guinée l’expose à des rétorsions multiples de la part du régime gaulliste, furieux de plus devant sa défaite par le FLN en Algérie. Parmi les modalités du chaos organisé par la France, il faut rappeler la fin de l’appartenance de la Guinée à la zone CFA. Cependant Sékou Touré conserve un temps l’appellation de franc guinéen et confie à la Banque Centrale de Guinée (BCG) la gestion du cours de change et l’émission des signes monétaires. Les exportations d’or, de diamant, de fer et de bauxite, libellées en USD, assurent le circuit fermé d’approvisionnement en devises des compagnies minières et de l’élite politique guinéenne installée dans une autocratie qui élimine toutes les personnes susceptibles d’offrir une alternance. Pour la majorité de la population, le franc guinéen, puis le Silly, ne permettent pas l’accès aux biens importés et réduisent les possibilités de voyager et d’échanger avec les pays voisins. Comme dans d’autres pays africains, les trafics parallèles de marchandises et le change sur le marché noir ménagent cependant la mise à disposition de francs CFA et d’USD. Encore aujourd’hui, malgré le semblant de présence du FMI  à la BCG, la méfiance vis-à-vis de la monnaie guinéenne ralentit son usage. Le FMI salue la maitrise de l’inflation en Guinée, oubliant qu’elle n’est due qu’à la faible circulation de monnaie, captée à la périphérie informelle de l’économie nationale. La BCG en recevant une partie des devises fortes du reste du monde est exposée à de nombreuses sollicitations de l’élite autocratique et souffre des détournements en son sein, punis parfois d’ailleurs, selon les aléas de la justice. La véritable contrepartie de la monnaie de la Guinée contemporaine reste les ressources de son sous-sol.

Le chercheur Oumar Totiya Barry,   a, dans son livre (LES POLITIQUES MINIÈRES DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE, Permanence de l’extractivisme face aux dynamiques de redistribution de la rente minière édité chez Harmattan, Paris 2025) utilisé le concept d’extractivisme (Gudynas, 2016) qui postule que  l’exploitation intensive des ressources naturelles dans les pays non industrialisés suscite des effets négatifs. Principalement, il s’agit des formes inéquitables de la redistribution de la rente, des dynamiques de capture du pouvoir d’État et des transformations sociales déstructurantes engendrées par l’extractivisme. D’une façon simpliste, l’académie aime opposer l’extractivisme minier au développementisme, envisagé comme une orientation idéologique et politique de l’action de l’État en matière de développement territorial, historiquement lié à l’exploitation minière. Ni en Guinée, ni en Côte d’Ivoire, il n’a existé un État organisé dans le but de redistribuer la rente minière afin de bâtir un système providentiel pour la population la plus pauvre des campagnes.

De l’extractivisme au Nimba Système ?

Oumar Totiya Barry  veut croire aussi que l’administration guinéenne aurait, ces dernières années, établi un cadre légal favorable à la délégation de la conduite d’une gouvernance responsable aux groupes miniers internationaux, vivement attirés par les ressources géologiques guinéennes. Le président Condé, conseillé par George Soros et Tony Blair, a essayé de jongler entre l’affairisme et le renouvellement des pratiques antérieures de concessions minières contre dessous de table et virements à l’étranger. Il a participé à la mise au pilori de Benny Steinmetz, israélien au cœur de reventes des permis du site gigantesque de Simandou. Il a ouvert la porte dans le même temps à des protégés d’Anne Lauvergeon, de Xavier Niel et d’Arnaud Montebourg.  Muryel Jacque,  qui signait l’article des Échos ci-dessus mentionné, présentait Arnaud Montebourg, comme le parrain de l’opération d’Alliance Minière Responsable (AMR) envisageant d’exploiter des mines de bauxite en Guinée Conakry. Ce projet aurait  séduit certains des plus importants investisseurs hexagonaux. Xavier Niel, Anne Lauvergeon, Edouard Louis-Dreyfus et Alain Mallart comptent ainsi parmi les investisseurs de la société. Cependant la journaliste rappelait que la Guinée restait l’un des pays où les conditions d’investissement sont les moins favorables au monde.

Paul Kruger qui donna son effigie et son nom à la célèbre pièce d’or Krugerrand

En effet, un cadre ESG affiché ne suffit pas, à lui seul, à sécuriser la confiance des investisseurs internationaux comme l’illustre  le retrait, à l’été 2025, du permis d’exploitation de la mine de bauxite de Sangarédi, dans la région de Boké, précédemment détenu par la Guinea Alumina Corporation, filiale du groupe émirati Emirates Global Aluminium, au motif que l’opérateur n’aurait pas respecté ses engagements de transformation locale de la bauxite en alumine. Les actifs ont été transférés à une nouvelle entreprise publique, la Nimba Mining Company, avant qu’un accord amiable ne soit finalement conclu entre l’État guinéen, Emirates Global Aluminium et sa filiale le 6 mai 2026, sous l’égide du Comité stratégique de Simandou, prévoyant le versement par Conakry d’une indemnité forfaitaire et la reconduction, à des conditions commerciales renouvelées, des contrats d’approvisionnement en bauxite entre la Compagnie des bauxites de Guinée et le groupe émirati. Ce dossier, aussi vertueux soit-il dans son dénouement négocié plutôt que contentieux, n’est cependant pas isolé : d’autres opérateurs internationaux ayant vu leurs permis retirés au cours de la même période ont porté leur différend devant des instances d’arbitrage international, à l’image de la société émiratie Axis Minerals, qui réclame environ 28,9 milliards de dollars devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements après le retrait de son permis de bauxite à Boffa, ou du groupe canadien Falcon Energy Materials, qui y a déposé une demande de 100 millions de dollars après l’annulation de son projet de graphite à Lola. Cette séquence contentieuse constitue un rappel utile que la gouvernance ESG ne se limite pas à la qualité des standards environnementaux et sociaux appliqués à un projet donné, mais englobe également la prévisibilité et la stabilité du cadre contractuel et réglementaire dans lequel s’inscrivent les investissements internationaux. 

La bonne gouvernance minière, idéologie commode, tant pour la Banque mondiale que pour les groupes miniers connus pour leur mépris de l’environnement et des populations, est confrontée à l’émergence d’une autochtonie réinventée, nommée Nimba. Le président Doumbouya est porté, plus qu’il ne le dirige, par le mouvement Nimba. Le masque, provenant d’une région de la Guinée dont l’ethnie Baga a marqué la culture, se nomme Nimba. Ce masque fournit désormais  l’image internationale de la Guinée et ses symboles de prospérité et de virilité, associés aux seins nourriciers de la sculpture, correspondent bien à la revendication nationale et politique de récupération des richesses géologiques.

Édification d’un émirat de l’or

En dépit de la prégnance de la génération Nimba et de son impact sur les comportements peu favorables à l’investissement étranger dans les mines guinéennes, l’équipe minière de Doumbouya ne peut se permettre de narguer indéfiniment les Émirati.  Certes la Guinée est en position de force vis-à-vis des compagnies minières dans sa politique de transformation des minéraux qui intègre assez bien les critiques de l’extractivisme. Les conseillers de la prudence rétorquent que la Guinée a toutefois besoin de financement à long terme pour valoriser ses atouts naturels majeurs afin d’atteindre la croissance minière optimale qui ne serait pas un simple prélèvement sur le patrimoine naturel ou une source de contentieux susceptible de décourager les capitaux de long terme. Belles paroles de la transition énergétique et verte qui finalement semble mineure en raison de la guerre déclenchée dans le Golfe et de la ruée vers les minéraux critiques des États-Unis et de la Chine. Lors du sommet du G 7 à Évian en France, l’invité de marque du président Macron, qui s’était pourtant rendu à Nairobi pour l’honorer, le président Ruto annonçait que son pays était sur la voie d’un colossal accord minier avec l’Amérique de Trump. Ruto précise bien que les minéraux nationaux seront transformés au Kenya, ce qui contrarie l’ambition de Trump de rapatrier le raffinage des métaux. 

Pour l’or, la Guinée veut se positionner en aval de la chaine de valeur en établissant une puissante usine de raffinage de l’or, et surtout de frappe de lingots et de pièces du même métal. Il en est de même pour le Mali et le Ghana qui construisent des raffineries dans des formats et des cadres légaux dissemblables. Celle du Ghana sera alimentée en grande partie par des achats étatiques d’or pour assurer la rentabilité du fonctionnement de l’usine d’or et la disponibilité de stocks. Le grand ancêtre de ces raffineries nationale d’or se trouve en République Sud-Africaine (RSA). Il s’agit de la Rand Refinery qui produit les pièces en or avec un nom et une valeur monétaire. La plus célèbre est le Krugerrand vendue dans le monde entier et dont la valeur explose avec le cours de l’or en hausse. Son succès provient de la qualité de son processus de transformation d’un or à haute teneur, garantie par un organisme d’habilitation ainsi que de son actionnariat mixte public-privé. L’histoire du Krugerrand en or a commencé en 1967 avec la première frappe de 40 000 exemplaires à la Rand Refinery en Afrique du Sud. Aujourd’hui, l’atelier de frappe situé à l’ouest de Johannesburg porte le nom de South African Mint. Jusqu’en 1979, seule l’unité d’une once était produite. En fonction des événements politiques, des crises économiques et du gel des prix de l’or, le tirage a varié d’année en année. Un boycott des Etats-Unis et des Communautés économiques européennes (précurseurs de l’UE) contre l’apartheid en Afrique du Sud a stoppé la progression de la pièce en 1986 : la frappe d’une once a été annulée à plusieurs reprises. L’interdiction d’importation n’a été levée qu’en 1999.

Les sanctions s’expliquaient par l’application de la ségrégation raciale, pour laquelle Paul Kruger (1825 à 1904), président de la République sud-africaine, était connu. Il était considéré comme un oppresseur par les habitants, majoritairement noirs. Aujourd’hui encore, ils préféreraient voir le portrait de leur libérateur Nelson Mandela sur la pièce d’or. La crise financière mondiale a déclenché une véritable ruée sur la pièce à partir de 2007. Avec des tirages en constante augmentation, entre 300 000 et 800 000 exemplaires, l’or Krugerrand s’est établi dans les années qui ont suivi comme un métal apprécié en temps de crise. Aujourd’hui, il compte parmi les produits d’investissement les plus demandés au monde.

Raffiner n’est pas une fin en soi, mais c’est une étape pour sortir de l’extractivisme et retrouver de la valeur ajoutée dans un processus qui, de plus, peut générer un tissu d’entreprises locales. La Guinée a décidé de devenir le hub régional du raffinage de l’or et ainsi marque des points sur les pays enclavés de l’AES, surtout si elle parvient à faire accréditer la valeur et la teneur d’éventuels lingots et pièces comparables à ceux que produit et vend l’Afrique du Sud. Il reste à la Guinée de drainer l’or illicite que le secteur informel revend à des intermédiaires libanais et ouest-africains très proches de Doumbouya et de son entourage. Il est mis en place un centre d’achat à Kankan qui est destiné à acheter l’or extrait par les artisans et à l’envoyer à la raffinerie Nimba. 

La Guinée, actuellement, extrait 2,3 millions d’onces d’or par an, ce qui représente une valeur de marché de 7 milliards USD. Mais, sur chacun de ces dollars, la Guinée n’enregistre qu’1 cent de valeur ajoutée locale. La marge à gagner avec la raffinerie est prometteuse. Pour l’instant ce sont les pays qui vont transformer l’or guinéen qui bénéficient de la valeur ajoutée apportée à la matière première dorée. De surcroit, il sera de plus en plus difficile d’envoyer l’or brut à Dubai pour qu’il y soit raffiné.

Le projet guinéen de réappropriation de l’or repose sur la raffinerie d’or nommée Nimba qui associe le gouvernement de Guinée et un partenaire émirati spécialiste de numismatique dans un partenariat public privé (PPP). La Guinée estime que ses pays voisins de l’AES gagneraient à passer par la société de raffinage d’or Nimba plutôt que d’envoyer chaque semaine leur or dans le Golfe ou en Suisse. Le ministre guinéen des mines, Bouna Sylla, doute que les projets du Faso ou du Niger puissent être rentables. En tout cas le président Mamady Doumbouya a désormais interdit l’exportation d’or brut. Le fonds guinéen d’investissement minier, qui va financer le projet Nimba, estime que l’usine pourra traiter 17 millions d’onces (beaucoup plus que la seule production guinéenne estimée à 70 tonnes annuelles) et à terme sortir 733 tonnes d’or, soit deux fois plus que toute la production actuelle de toute l’Afrique de l’Ouest. En Guinée les groupes dominants dans l’exploitation industrielle de l’or sont AngloGold Ashanti et Nordgold. AngloGold Ashanti est déjà un actionnaire clé de la Rand Refinery en RSA. Mais la véritable reconnaissance de la raffinerie Nimba dépend de sa certification par la London Bullion Market Association (LBMA). Celle-ci ne devrait pas être accordée avant 2030. Elle est la clé pour que l’or raffiné en Guinée soit accepté par les banques centrales et les grands traders d’or. 

L’envers de la médaille

Le duopole Guinée-Émirats qui tient le projet de la raffinerie nationale d’or s’écarte des modèles sud-africains et ghanéen de sociétés de frappe de lingots et de pièces d’or. Il serait recommandable que les grands groupes miniers commerciaux comme Barrick Gold et AngloGold Ashanti, d’autant plus qu’ils opèrent en Afrique de l’Ouest, soient actionnaires de la raffinerie Nimba de même que les représentants du secteur artisanal. La Guinée ne peut se contenter d’être seulement un émirat de l’or,  fut-il à vocation régionale. Elle marquerait un grand coup, comme Dangoté a su le faire au Nigéria, en donnant à son unité de frappe de l’or un symbole fort comme le Krugerrand. A la différence de l’ambassadeur de France à Conakry, qui a osé se féliciter que l’aéroport de la capitale soit rebaptisé du nom d’un tyran criminel, il serait malheureux que Sékou Touré se retrouve sur une pièce d’or guinéenne. Mandela et son visage offrent un beau symbole du panafricanisme humaniste et universel gravé sur de l’or produit et raffiné en Guinée. Outre les spectres sinistres du passé, le futur émirat doré guinéen souffre des vices de son économie monétaire héritée de Sékou Touré et depuis lors manipulée par la caste des trafiquants affairistes alliés aux régimes politiques successifs. Malgré le retour des banques françaises, dès 1983, en Guinée, la place financière de Conakry n’a pas le renom et la sécurité de Lomé. La monnaie guinéenne a une très faible vélocité car elle est soustraite des échanges entre ménages en très grande quantité par la coalition des grands commerçants connectés aux décideurs politiques incrustés dans les rouages de l’État et de la BCG. Le cadre général des transactions financières, monétaires et commerciales de la Guinée n’est pas plus rassurant que son infrastructure légale dans le secteur minier.

L’écosystème financier guinéen n’inspire pas confiance. Ce ne sont ni le FMI, ni la Banque mondiale qui vont assainir et recapitaliser les établissements bancaires guinéens. L’émirat guinéen est devenu trop riche, flatté par Paris, sous l’emprise des Émirats Arabes Unis, pour supporter de s’aligner sur la bonne gouvernance des institutions de Bretton-Woods. Avec la fin de l’aide américaine dont beaucoup commencent à se féliciter, les attitudes timorées et hostiles à la fois de l’UE, le déclin français et la réticence chinoise à financer des pays instables, le moment du consensus de Washington est passé. Il ne faut plus envisager un pacte de bonne conduite avec le FMI. La disponibilité d’instruments de réserve en or comme des pièces et des lingots permettrait la réinjection de la liquidité fiduciaire confisquée par les réseaux marchands protégés que la BCG ne veut pas démanteler.

  1. Sergey Mazov, A Distant Front in the Cold War: The USSR in West Africa and the Congo, 1956-1964 (Stanford: Stanford University Press, 2010), 57.
  2. Elizabeth Schmidt, ‘Cold War in Guinea: The Rassemblement Démocratique Africain and the Struggle Over Communism, 1950–1958,’ The Journal of African History 48, no. 1 (2007):
  3. Guia Migani, ‘Sékou Touré et la contestation de l’ordre colonial en Afrique sub-saharienne, 1958–1963,’ Monde(s) 2, no. 2 (2012): 257–73.
  4. Nicholas J. Cull, The Cold War and the United States Information Agency: American Propaganda and Public Diplomacy, 1945–1989 (Cambridge: Cambridge University Press, 2009)
  5. Benoît Lootvoet, Économiste ORSTOM/CS6, Paris, « Le franc guinéen: une monnaie forte? » In Économies et Sociétés. Relations économiques internationales, Série P. N° 33. 1996. p. 129-152
  6. Kaba Lanciné, ‘From Colonialism to Autocracy: Guinea under Sékou Touré, 1957–1984,’ in Decolonization and African Independence: The Transfers of Power, 1960–1980, ed. Prosser Gifford and William Roger Louis (New Haven: Yale University Press, 1988).
  7. https://www.financialafrik.com/en/2026/03/13/the-paradox-of-cash-in-guinea-why-94-of-banknotes-outside-the-banking-system-still-leave-the-informal-economy-high-and-dry/
  8. Oumar Totiya BARRY né à Mamou (Guinée), docteur en sciences politiques, il est titulaire de deux masters en relations internationales et en histoire contemporaine, ainsi que d’une certification en gestion de projet de l’École Centrale de Lille. Il s’est également formé en gouvernance minière (Cameroun), management public (Dakar) et fiscalité extractive (FERDI). Chercheur-formateur à Action Mines Guinée, il dirige l’Observatoire Guinéen des Mines et Métaux (OGMM) et siège au comité consultatif de Rio Tinto sur la démobilisation. Il enseigne la géopolitique des ressources minières à l’Institut Supérieur des Mines et Géologie de Boké (ISMG-B). Il a collaboré à des études pour le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), le Natural Resource Governance Institute (NRGI), l’International Peace Information Service (IPIS) et Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP).
  9. https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-grand-invit%C3%A9-afrique/20260722-exploitation-mini%C3%A8re-en-guin%C3%A9e-le-projet-de-simandou-doit-%C3%AAtre-accompagn%C3%A9-d-une-politique-sociale
  10. https://www.lesechos.fr/2016/05/la-start-up-miniere-qui-fait-chavirer-le-tout-paris-1111211
  11. Ibid.
  12. Un cadre ESG (Environnemental, Social et de Gouvernance) responsable est un système de règles et d’objectifs extra-financiers qui intègre l’écologie, le bien-être humain et l’éthique de direction au cœur de sa stratégie économique.
  13. https://www.chambredesminesgn.com/2026/01/07/la-chambre-des-mines-de-guinee-se-dote-dun-cadre-strategique-pour-la-periode-2026-2028/
  14. “The Nimba encapsulates an entire gamut of good things that make life a celebration of abundance, fertility, strength, and responsibility. As a national symbol, it represents the country’s ubiquitous position in West Africa. Nimba on the Guinea brand is a visual representation of good tidings. We want the nation to be seen from the point of view of a source of positive harbingers across social, economic, and cultural verticals,” said the Prime Minister and Head of Government, Dr. Bernard Goumou.
  15. Nimba is assumed to represent a divinity of abundance and fertility, but the precise interpretation is yet to be obtained. It is also linked with pregnant women, and those wishing to secure their progeny. From the aesthetic point of view, the dynamic and imaginative sculptural form of the Nimba, as well as the surreal and expressive symbolism, provide it with an extraordinary attraction. https://www.imj.org.il/sites/default/files/pdf/nimba-print-en.pdf

    https://direct.mit.edu/afar/article-abstract/54/4/52/107712/African-Masking-Systems-An-Archive-Of-Social?redirectedFrom=fulltext

  16. The scarifications on the face and breasts, as indications of tribal identity, as well as the intricately designed hairdress, imply that authentic meaning of this complex piece is to be sought in the historical and social context – the heritage of the Baga. Ibid. 
  17. The new branding campaign is based on the involvement of the population itself to create keywords and a slogan that can be further used with the international community, through the platform www.guinee.vision.
  18. The new national logo is part of the Republic of Guinea’s engagement with Desarrollo Multilateral Spain and 3rd Floor Public Relations, two award-wining international consultancy firms. Visually, Nimba was incorporated into the country’s brand identity via a specially designed wood mark with a rustic feel in red, the most dominant color in the Guinea national flag.Ibid.
  19. Nimba is a mysterious being belonging to the world of phantasy, its crest and beak symbolizing power and virility, and large breasts suggesting fertility. https://www.imj.org.il/sites/default/files/pdf/nimba-print-en.pdf
  20. At the G7 summit in Evian-les-Bains, France, on June 17, Kenyan President William Ruto revealed that his country was nearing a critical minerals agreement with the United States. Far more significant was Kenya’s insistence that its rare earths, lithium, graphite, copper, nickel and niobium be refined and processed domestically rather than exported as raw materials. This was not simply another minerals deal; it was a signal that African governments are trying to rewrite the extractive bargain. That demand, long voiced but rarely enforced, is beginning to reshape African resource governance. Namibia has prohibited exports of unprocessed lithium, cobalt, manganese, graphite and rare earths. 

    https://www.reuters.com/world/africa/kenya-us-close-critical-minerals-deal-ruto-says-2026-06-17/

  21. As Africa’s largest gold producer, Ghana has moved ahead of many West African peers by commissioning several gold refineries in recent years. However, policymakers recognize that building refineries alone will not secure international market access. Last month, GoldBod signed an agreement to purchase 30% of production from the country’s major mining companies starting on July 1, 2026. The agency aims to obtain LBMA accreditation for at least one domestic refinery by 2030. Under the arrangement, local refineries will process the purchased doré gold before sending it to an LBMA-accredited refinery for final melting, stamping and delivery to the Bank of Ghana as part of the country’s official gold reserves.
  22. Mali is constructing a 200-tonne-a-year gold refinery while requiring more local refining. Ghana will begin buying 30 percent of large-scale gold output from July 2026 to strengthen local refining and reserves. Across the continent, governments are increasingly requiring natural resources to create industries at home before generating profits abroad. The turn is not confined to critical minerals; it reflects a wider push to keep more value from natural resources at home. Ibid.
  23. The Krugerrand’s introduction was not just a local phenomenon but a global one. The coin is denominated in the unit of currency called the Rand and is typically measured by its weight in troy ounces, making it easy for investors to understand its value. Its success led to the introduction of numerous gold bullion coins by other nations, establishing a standard in the global gold coin market.
  24. The South African Gold Krugerrand was first minted in July 1967, marking a significant development in the gold coin market. By 1980, the South African Gold Krugerrand made up 90% of the global gold coin market, highlighting its dominance and appeal among gold investors globally. The South African Mint, established in 1890, played a crucial role in producing the South African Gold Krugerrand, reflecting South Africa’s heritage and craftsmanship. This milestone in the history of gold coins set the stage for a new era of investment opportunities. Source: South African Precious Metal and Diamond Regulator
  25. Purity and Composition : Composed of 1 troy ounce of gold (with an actual weight of 33.93 grams), with a purity of 916.7, the Krugerrand is equivalent to 22-karat gold. Minted with a copper-gold alloy unlike many pure gold coins, the Krugerrand is more durable and resistant to scratches and dents. This blend of high gold content and a durable alloy bolsters the Krugerrand’s reputation as a reliable investment option. The Krugerrand’s composition and precise weight ensure that it remains a practical and valuable asset for investors and collectors alike. Ibid.
  26. For much of the past 100 years, gold mined in South Africa has been refined by a single refining and smelting complex, the Rand Refinery based in Germiston. The company treats both doré and low grade mine by-products. This single-site operation also includes coin and bar production, that encapsulates the Krugerrand gold bullion coin programme. It is the region’s only LBMA-approved gold refiner. Established by the South African Chamber of Mines (now the Mineral Council) in 1920, its shareholding structure consists of the country’s largest gold mining companies: AngloGold Ashanti (42.41%), Sibanye Gold (33.15%), DRDGold (11.30%), Harmony Gold Mining (10.38%) and Gold Fields Operations (2.76%). In addition, many mining companies that produce gold as a by-product (such as the PGM mining companies) would contract with the Rand Refinery to produce LBMA-accredited gold bars. Ibid.
  27. La pièce d’investissement porte le nom de Paul Kruger, arrière-petit-fils du Berlinois Jacob Krüger, qui est arrivé en Afrique du Sud en 1714 en tant que mercenaire de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Au fil des générations, l’orthographe allemande Krüger a été intégrée dans la langue du pays et le Ü a été remplacé par un U. Ainsi, la frappe officielle de la monnaie est Krugerrand, alors qu’elle se prononce et s’écrit avec un tréma dans l’ensemble des pays germanophones. Le président Kruger[28] qui rassemble les Afrikaners dans l’Afrique du Sud libérée des Britanniques est un homme peu sympathique et façonne très tôt le régime de l’apartheid tout en essayant de réduire la forte présence du Royaume-Uni dans les riches mines d’or et de diamant.
  28. Refining minerals is not an end in itself. It is the first step towards building the productive capabilities that distinguish manufacturing economies from extractive ones. Around every refinery cluster, engineering companies, chemical producers, equipment manufacturers, laboratories and specialist suppliers can emerge. Taiwan’s experience offers a broader lesson: With sustained policy, skills and supplier networks, industrial capabilities built in one generation can create higher-value industries in the next. Guinea’s industrial gold output is dominated by AngloGold Ashanti and Nordgold. SOURCE: Reuters
  29. Gold, diamonds, copper and oil generated billions of dollars in exports across the continent, yet most resource-rich economies remained dependent on exporting raw commodities rather than manufacturing higher-value products. Ibid.
  30. To address this, Guinea is establishing a gold buying center in Kankan, a major inland city positioned near artisanal mining activity. The structural logic is to create an official procurement point where ASM operators can sell gold into the formal economy, receiving market-based pricing while supplying traceable feedstock to the refinery pipeline. Traceability reforms targeting full implementation by 2026 form the compliance backbone of this approach. When artisanal output is formally documented and certified, it transitions from an untracked liability into a quantifiable national asset that can pass LBMA-aligned due diligence requirements.
  31. When gold leaves a country in raw or doré form, all refining margins, assaying fees, casting premiums, and logistics value are captured by the receiving jurisdiction. Dubai, Switzerland, and the United Kingdom have historically been the primary beneficiaries of this arrangement. The London gold market dynamics are particularly instructive in understanding how processing infrastructure generates substantial economic activity purely through refining and trading, rather than mining. Ibid.
  32. The centerpiece of Guinea’s refining strategy is the Nimba Gold Refinery, a $30 million facility structured as a public-private partnership between the Guinean Government and UAE-based Emirates Minting Factory LLC. The choice of a UAE partner is symbolically significant given the explicit framing of Dubai as the aspirational model for Guinea’s refining ambitions. Furthermore, Guinea’s bauxite advantage in resource processing demonstrates the country’s broader capacity to leverage its mineral wealth strategically. https://discoveryalert.com.au/guinea-gold-refining-hub-nimba-west-africa-2026/
  33. Bangaly Steve Toure, deputy head of Guinea’s Mining Investment Fund, said separately the $30 million plant would initially process 530 metric tonnes (about 17 million ounces) a year, rising to 733 tonnes at full capacity. Commercial operations are expected in July following final approvals. Ibid. 
  34. The scale warrants careful attention. Guinea’s domestic industrial gold production sits at approximately 70 tonnes per year, yet the refinery is designed to process up to 733 tonnes annually at full capacity. That discrepancy is not an oversight. It is a deliberate strategic signal that Guinea intends to attract feedstock from across the West African region, not simply process its own output. Ibid
  35. West Africa produced approximately 11 million ounces of gold in 2025 based on industry estimates. That combined output provides a substantial feedstock pool in theory. Guinea’s full-capacity processing volume of 733 metric tonnes (approximately 23.5 million ounces) actually exceeds the entire region’s current production, underscoring that attracting cross-border gold flows is not optional for the refinery’s economics — it is the entire premise. Ibid.
  36. Only one African refinery, South Africa’s Rand Refinery, currently holds LBMA accreditation, underscoring the region’s limited presence in the global bullion market. Ghana’s GoldBod introduced a new gold pricing regime on July 1, 2026, based on LBMA pricing windows. The move highlights the influence of the London-based institution on West Africa’s efforts to process more of its gold domestically. Ibid.
  37. The LBMA and COMEX gold markets accreditation point deserves particular emphasis. Without recognised certification, refined gold from Guinea would be excluded from the most liquid and premium-priced tier of the global bullion market. Achieving and maintaining that certification involves ongoing compliance audits, chain-of-custody documentation, and governance standards that extend well beyond the physical refining process itself. Ibid. 
  38. Why does velocity collapse? Because, in a weakened environment marked by corruption and banking liquidity restrictions, staying outside the formal system becomes a form of rational self-assurance. According to the World Bank’s worldwide governance indicators, Guinea ranks among the weakest countries in terms of government effectiveness and anti-corruption efforts. When the rules of the game can change overnight and banks start rationing withdrawals, economic agents hold onto their money. A significant portion of this 94% is likely immobilized in the hands of large merchants, politically connected businesses, and actors in the gray sector, while small businesses and households are suffocated. It is not so much a story of “collective misconduct” as a phenomenon of liquidity concentration in an untrustworthy system. https://www.financialafrik.com/en/2026/03/13/the-paradox-of-cash-in-guinea-why-94-of-banknotes-outside-the-banking-system-still-leave-the-informal-economy-high-and-dry/
  39. A credible and transparent framework for monetary, fiscal, and investment policy would pave the way for a gradual improvement in Guinea’s sovereign rating, up to an investment grade, enabling broader access to innovative financing – including securitization of stable mining revenues to finance infrastructure and human capital. The guiding idea is simple: Guinea must choose today to tie its hands in order to unleash its economy tomorrow. Without trust, the financial sector will remain fragile, politicized, and unable to finance development. Households will continue to hoard, businesses will invest little, and banks will operate as extensions of the state rather than engines of growth. Ibid.
  40. https://www.academia.edu/122949661/The_Bretton_Woods_institutions_and_the_quest_for_development_in_Africa
  41. The pact with the IMF would integrate two additional elements:

    a) Recapitalization and cleansing of the banking system: over ten years, recapitalize and consolidate viable banks, while fragile institutions would be restructured or closed, and gradually clear state arrears to restore bank balance sheets.

    b) Development of the public securities market: strengthen the legal and operational framework of the interbank market to allow banks to lend to each other safely and create a secondary market for negotiable Treasury bills. This would reduce dependence on direct financing from the central bank, in favor of transparent borrowing from domestic savers and investors.

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