Plus de 60 % de pertes dans les tuyaux et des millions d’euros qui s’évaporent chaque année pour les entreprises de l’archipel. Ce ne sont plus des statistiques, c’est une hémorragie. Dans un communiqué, l’UDE-MEDEF, la CCI et la CMPE réclament des comptes aux élus à l’approche d’un congrès sur la problématique de l’eau.
« Tout le monde constate que les personnes qui sont convoquées à ce congrès de l’eau sont celles qui ont la gestion de l’eau depuis 30 ans, et on ne peut pas dire que ce soit une vraie réussite. Donc, on voudrait désormais avoir une vision économique pratique sur le dossier et puis apporter notre contribution. »
Victor Venutolo, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises
Un réseau vétuste aux lourdes conséquences, des restaurateurs et des producteurs locaux voient leurs outils de travail mourir de soif, plongés dans le quotidien d’une économie qui tente de survivre entre deux coupures.
« Au niveau trésorerie, on le voit venir, ça m’est arrivé de transporter plus de 200 litres d’eau sur une demi-journée, et peut-être pour 3-4 heures d’utilisation, ou même pas. »
Guylène Sarkis, co-gérante d’un restaurant
D’autres, comme Marielle, ont dû investir pour assurer une production continue, anticiper l’incurie publique pour que la catastrophe quotidienne ne soit finalement pas une fatalité.
« Ça représente un coût énorme pour l’entreprise, mais il était nécessaire de faire cet investissement pour pouvoir justement ne pas être impacté par ces coupures d’eau et surtout avoir une eau filtrée en continu, qui nous permet de produire. »
Marielle Stewenson, chef d’entreprise
Les autres secteurs, comme l’agriculture ou encore le tourisme, ne sont pas en reste. En plus de la distribution de l’eau, pour l’UDE-MEDEF, l’assainissement est tout aussi important et vital pour l’avenir, non seulement sanitaire, mais économique de l’île.
« La population a besoin d’un environnement sain, le problème de l’assainissement peut justement perturber aussi notre baignade. Donc il est important pour nos jours du concours qu’on construise ensemble un vrai projet et que l’impact économique ne soit pas pénalisant pour tous les investisseurs qui viennent en Guadeloupe et qui souhaiteraient aussi s’y installer. »
Catherine Cadrot, présidente de la commission tourisme de l’UDE-MEDEF
Reste à savoir si les travaux de ce congrès et les fonds alloués ne finiront pas eux aussi dans les fuites d’un réseau à bout de souffle.
Crédit: Lien source