Face aux cadres et agents de son département ministériel, le ministère de l’Énergie et de l’Hydraulique, Bruno Jean Richard Itoua, a dévoilé les principaux axes de son action, avec une priorité affichée d’améliorer, dans un délai de deux ans, l’accès de la population et des entreprises à l’eau potable et à l’électricité. « L’objectif est d’améliorer rapidement et substantiellement la situation pour les ménages, les entreprises et les acteurs économiques », a-t-il déclaré.
La démarche du ministre s’inscrit dans un calendrier à plusieurs horizons, avec une échéance immédiate de deux ans, des objectifs à l’horizon 2030 et 2035 liés aux engagements internationaux du Congo, ainsi qu’une vision à plus long terme intégrée à la stratégie nationale Congo 2063. Pour Bruno Jean Richard Itoua, l’urgence est de répondre aux préoccupations quotidiennes des citoyens. « La première préoccupation, c’est qu’il y ait moins de délestages pour l’électricité et davantage d’eau disponible pour les populations », a-t-il insisté.
Il a également mis l’accent sur la nécessité de coordonner efficacement les nombreux projets déjà engagés dans les deux secteurs. Plusieurs programmes, financés par des partenaires techniques et financiers, sont actuellement en cours ou sur le point d’être lancés. Parmi eux figurent la Mission 300 avec la Banque africaine de développement, le Programme d’amélioration du secteur de l’électricité soutenu par la Banque mondiale, le projet de centrale à gaz avec Eni Congo, ainsi que différents projets de réhabilitation des réseaux de transport et de distribution de l’électricité. Selon lui, l’ambition est de faire du Congo « un vaste chantier de l’électricité », aussi bien dans les centres urbains que dans les zones rurales.
Il a annoncé que la quasi-totalité des projets identifiés pourraient être mis en chantier d’ici au mois d’août. Sur le plan énergétique, le ministre a reconnu que la question de l’augmentation de la production électrique n’avait pas été suffisamment prise en compte jusqu’ici. Toutefois, il a indiqué disposer de plusieurs propositions susceptibles de permettre au pays d’atteindre une capacité de production de 3 000 mégawatts dans les deux prochaines années et de 5 000 mégawatts à l’horizon 2030-2031.
Concernant l’hydraulique, Bruno Jean Richard Itoua a annoncé une revue approfondie du projet « Eau pour tous », lancé il y a plusieurs années pour équiper les villages en forages. Sur les quelque 2 500 ouvrages réalisés, une grande majorité serait aujourd’hui hors service faute de maintenance et de gestion adéquate. « Le président de la République a demandé au gouvernement de reprendre ce projet en main. Nous allons procéder à un diagnostic complet afin d’identifier les solutions les plus adaptées pour remettre en service les installations fonctionnelles et proposer des alternatives là où cela s’avère nécessaire », a-t-il expliqué.
Révision envisagée des lois de 2003
Au-delà des projets d’urgence, le ministre a ouvert le chantier des réformes structurelles, notamment concernant Énergie électrique du Congo (E²C), la Congolaise des eaux (LCDE), les agences de régulation, les fonds de développement et les structures chargées de l’électrification et de l’hydraulique rurales. Selon lui, les textes régissant actuellement les secteurs de l’eau et de l’électricité, adoptés en 2003, méritent d’être réexaminés à la lumière des évolutions technologiques, environnementales et économiques. « Si nous estimons collectivement que ces lois ne sont plus adaptées, je suis ouvert à leur révision », a-t-il affirmé, précisant que l’objectif de la démarche est de bâtir une nouvelle doctrine sectorielle capable de répondre aux défis actuels, particulièrement ceux liés à la transition énergétique, au changement climatique et à l’accès universel aux services de base.
S’exprimant au nom des cadres et agents du ministère, le directeur de cabinet, le Pr Macaire Batchi, a salué cette vision axée sur les résultats. Il a appelé l’ensemble des acteurs du secteur à se mobiliser autour de la feuille de route ministérielle afin de contribuer à l’amélioration de la qualité des services publics de l’eau et de l’électricité. Cette rencontre marque ainsi le début d’une nouvelle phase pour les secteurs de l’énergie et de l’hydraulique, avec la volonté affichée d’allier efficacité opérationnelle, investissements structurants et réformes de gouvernance au service des populations.
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