Ebola: l’OMS et la République démocratique du Congo accélèrent les recherches sur un vaccin contre la souche meurtrière Bundibugyo

Des tests de vaccins et des essais cliniques sont conduits dans la province d’Ituri, l’épicentre de l’épidémie d’Ebola au nord-est de la République démocratique du Congo a annoncé ce mardi 4 août l’Organisation mondiale de la Santé. La souche Bundibugyo a causé la mort de 1.657 personnes.

« Les résultats ne seront peut-être pas connus avant plusieurs mois », avertit l’OMS ce mardi 4 août, mais l’Organisation mondiale de la Santé annonce tout de même de bonnes nouvelles sur le front de la lutte contre l’épidémie d’Ebola et sa souche meurtrière Bundibugyo.

L’épidémie sévit depuis le printemps, en particulier dans la province d’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo et a fait des dizaines de morts.

Jusqu’à maintenant, les autorités sanitaires étaient particulièrement inquiètes parce qu’il n’existait aucune solution thérapeutique contre ce variant, au point de déclarer en mai dernier une « urgence internationale », le deuxième niveau d’alerte le plus élevé.

Un lancement des essais cliniques rapide

« Par rapport aux précédentes épidémies d’Ebola, les essais cliniques ont démarré plus rapidement cette fois-ci, car les protocoles avaient été rédigés avant même que l’épidémie actuelle ne soit déclarée en RDC à la mi-mai », a déclaré Vasee Moorthy, responsable par intérim du « R&D Blueprint » de l’OMS, une plateforme mondiale de collaboration en matière de recherche et développement destinée à répondre aux épidémies et aux pandémies.

« Malgré les efforts en cours, il n’existe toujours pas de traitement, de mesure préventive ou de vaccin dont la sécurité et l’efficacité aient été prouvées contre la souche Bundibugyo du virus Ebola », a ajouté le Dr Moorthy lors d’une conférence de presse à Genève.

Il faudra toutefois probablement encore plusieurs mois avant de pouvoir tirer des conclusions plus définitives des essais en cours, a-t-il ajouté.

Des essais de phase 1 au Royaume-Uni et au Canada

Témoignage de l’accélération de ces travaux, des essais de phase 1 – visant à mesurer la tolérance du produit pour vérifier qu’il est sans risque – ont démarré le 24 juillet dernier au Royaume-Uni, développé par l’université d’Oxford et le Serum Institute of India. L’entreprise pharmaceutique Moderna doit débuter une phase d’évaluation au Canada « dans les prochains jours. »

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L’OMS indique que ces deux essais sont menés sur des furets et des singes et qu’elle analysera les résultats avant de décider d’un éventuel passage à la phase suivante.

Un essai pour un traitement préventif réalisé au Congo

En parallèle, l’Institut national de recherche biomédicale de la RDC, en collaboration avec un consortium international de partenaires spécialisés dans la recherche et la lutte contre les épidémies mène un autre essai clinique dans la province d’Ituri.

Il s’agit de développer un médicament susceptible de servir de traitement préventif après une exposition au virus. « Cet essai a recruté plus de 25 patients afin d’évaluer si un médicament administré par voie orale pendant dix jours à des contacts à haut risque confirmés pouvait prévenir l’apparition de la maladie », précise l’OMS.

Depuis que l’épidémie a été déclarée, trois sites de dépistage ont été ouverts dans cette province. Un quatrième doit ouvrir dans le courant de la semaine. Le Dr Moorthy a précisé que les patients pourraient s’inscrire aux essais et être suivis dans des conditions sûres afin de vérifier l’efficacité des médicaments.

« Nous essayons d’accélérer le recrutement », a-t-il déclaré. « Comme il s’agit d’essais cliniques, nous devons assurer un suivi en toute sécurité des personnes qui y participent. Et cela prend du temps de mettre en place de plus en plus d’équipes et de sites de recrutement. »

Une épidémie qui continue de s’emballer

L’épidémie d’Ebola continue de se répandre avec 567 nouveaux cas et 296 décès enregistrés la semaine dernière. Il s’agit des bilans hebdomadaires les plus élevés depuis le début de la flambée, le 15 mai dernier. Selon le dernier point de situation publié par l’OMS, la République démocratique du Congo comptabilise désormais 3.748 cas confirmés, 1.657 décès et 708 guérisons.

La maladie touche 49 zones de santé réparties dans cinq provinces – outre l’Ituri, le Haut-Uélé, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo. Si l’Ituri concentre encore près de 90 % des cas, l’extension de la transmission à plusieurs provinces complique les efforts de contrôle.

Près de 17.000 personnes contacts sont actuellement suivies, dont environ 80% font l’objet d’un suivi quotidien, un dispositif indispensable pour tenter de rompre les chaînes de transmission.

Pour l’OMS, les moyens déployés restent encore insuffisants. « Nous avons besoin d’un soutien accru, tant sur le plan financier qu’en ressources opérationnelles, afin de renforcer l’ensemble des composantes de la riposte », a déclaré Tarik Jasarevic, porte-parole de l’organisation.

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