Ebola « se propage rapidement » en République démocratique du Congo, où le nombre de morts dépasse les 1 500

James Tasamba

30 Juillet 2026Mise à jour: 30 Juillet 2026

L’épidémie actuelle d’Ebola en République démocratique du Congo « se propage rapidement », risquant de dépasser les capacités de réponse du pays, ont averti jeudi les autorités sanitaires, alors que le nombre de décès a dépassé les 1 500.

Une mise à jour du ministère de la Santé fait état d’une forte augmentation des nouveaux cas, le nombre d’infections doublant tous les 20 jours depuis la déclaration de l’épidémie à la mi-mai.

Selon ces données, le nombre total de cas confirmés à ce jour dépasse désormais les 3 440.

Au cours des deux derniers mois, 1 000 personnes sont décédées, portant le taux de létalité à 44,2 %.

« La propagation du virus exige une mobilisation accrue et une adaptation des stratégies de riposte. La priorité absolue doit être de briser les chaînes de transmission dès leur apparition », a déclaré le médecin De-Joseph Kakisingi aux journalistes dans la capitale, Kinshasa.

« La riposte doit être plus rapide qu’Ebola. Il ne s’agit pas seulement d’une question de logistique ou d’intervention médicale. C’est avant tout une question de stratégie, car le virus ne commence pas à se propager dans un laboratoire ou un centre de traitement. Il prend naissance dans une famille, un quartier, une communauté. »

Le virus touche cinq provinces : le Haut-Uele, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo.

L’épidémie s’est désormais propagée à près de 50 zones de santé, après qu’une nouvelle zone a été affectée dans la province de la Tshopo.

La résistance des communautés demeure un défi

Plus de deux mois après le début de l’épidémie d’Ebola, la résistance des communautés, les rumeurs et les difficultés liées à l’organisation d’inhumations sécurisées continuent de compromettre les efforts visant à contenir le virus, selon les autorités sanitaires.

Des hommes non identifiés ont incendié deux établissements de santé à Butembo, dans le Nord-Kivu, plus tôt cette semaine, sur fond de rumeurs accusant les responsables de la santé de collusion avec les équipes de lutte contre Ebola pour déclarer à tort des patients infectés, selon les médias locaux.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti mercredi que l’insécurité alimentaire pourrait également compromettre les efforts de lutte contre Ebola.

Selon le PAM, l’épidémie évolue dans un contexte humanitaire complexe marqué par les conflits, les déplacements de population, un accès limité aux services de base et une grève persistante des personnels de santé.

Dans un communiqué, le PAM a indiqué que sans un soutien urgent et flexible, les familles pourraient être contraintes de choisir entre le respect des mesures de santé publique et la recherche de nourriture, ce qui compromettrait les efforts de confinement et aggraverait une crise humanitaire déjà très sévère.

« Ebola se nourrit des retards, de la peur et de la faim », a déclaré Carl Skau, directeur exécutif par intérim du PAM.

Selon le PAM, plus de 2,65 millions de personnes vivant dans les zones de santé touchées par Ebola sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.

*Traduit de l’anglais par Wafae El Baghouani

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