Les 28 avril et le 13 mai derniers, les élections professionnelles ont officiellement donné la représentation et la légitimité à des syndicats choisis par les travailleurs eux-mêmes.
Que disent les résultats centralisés par la Commission nationale des élections professionnelles (CNEP)?. Ils traduisent, en fait, une véritable recomposition du paysage syndical de la Fonction publique gabonaise. L’application stricte du seuil légal de 10 % ayant agi comme un couperet, éliminant plusieurs acteurs historiques au profit d’une nouvelle garde syndicale, qui s’installe officiellement autour de la table des négociations. À l’Éducation nationale, c’est un presque séisme. Le Syndicat de l’éducation nationale (Sena), partenaire incontournable des gouvernements successifs et acteur central des contestations du secteur ces deux dernières décennies, s’effondre à 8,92 % des suffrages exprimés, sous la barre fatidique des 10 %. Il perd ainsi son droit de siéger.
Le leadership bascule désormais vers des structures plus proches de la base. Le Syndicat des enseignants de la base (Seb) et la Feseena s’imposent comme les nouveaux patrons du secteur avec 6 sièges chacun, talonnés par le « Sose » et ses 4 sièges. Un triumvirat qui détiendra désormais l’essentiel de la parole syndicale enseignante face à la tutelle.
À l’Économie et aux Finances, c’est aussi le grand nettoyage. Sur 18 organisations syndicales en lice, 16 passent à la trappe. Des syndicats installés comme le Mouvement syndical des impôts (8,41 %), le SACC (Concurrence et Consommation) avec 9,8 %, ou encore Sylicone (Économie), échouent à valider leur représentativité.
Pendant ce temps, le Synat (Syndicat national des agents du Trésor) réalise un véritable plébiscite en raflant sept des dix sièges alloués au ministère. Il s’impose comme l’interlocuteur dominant des régies financières, partageant le reste avec le SYNADGB (Budget, trois sièges).
À l’Enseignement supérieur, le Snec confirme son statut d’institution historique tandis que la Frapes quitte la scène.
À la Communication et aux Médias, le Syprocom assoit son leadership et s’impose comme la voix majoritaire des médias publics avec six sièges. Le paysage est complété par le Synacop et le Synapap (2 sièges chacun), reléguant au second plan les autres structures syndicales.
Ce sont là, une partie de ceux qui auront désormais voix au chapitre.
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