Élysée Snieper arrêté en Côte d’Ivoire : l’ambassade interpellée

Élysée Snieper, influenceur camerounais basé en Allemagne, est détenu par les autorités ivoiriennes depuis plus de 48 heures. Son arrestation, intervenue après une série de provocations liées à un match de football, fait monter la tension sur les réseaux sociaux. Et l’ambassade du Cameroun à Abidjan, dirigée par Madame Koloko Marie-Ivette, n’a toujours pas dit un mot.

Ce qui s’est passé, et comment on en est arrivé là

Tout part d’un pari de supporter.

Avant le match Côte d’Ivoire contre l’Équateur, Élysée s’était engagé publiquement : si les Éléphants gagnaient, il se rendrait en Côte d’Ivoire pour chanter l’hymne national ivoirien. Ils ont gagné. Il a tenu parole. Jusque-là, rien d’anormal.

Mais pour le match Côte d’Ivoire contre l’Allemagne, il a posé un drapeau allemand sur le pont ADO à Abidjan. Un geste provocateur, assumé, dans le registre du clash entre supporters camerounais et ivoiriens, un registre qui dure depuis des années sur les réseaux. La Côte d’Ivoire a perdu. Et là, les choses ont dérapé.

Des internautes ont ressorti une vieille vidéo, datant d’environ quatre ans, dans laquelle Élysée tenait des propos virulents envers la Côte d’Ivoire et son président. Le contexte de l’époque : un clash en ligne avec des Ivoiriens qui insultaient le Cameroun. Sa réponse était excessive, c’est indéniable. Mais ce sont les autorités ivoiriennes qui ont décidé d’en faire une affaire judiciaire.

Il est maintenant en garde à vue. Ou quelque chose qui y ressemble. On ne connaît pas exactement son statut légal à cette heure.

L’ambassade silencieuse, et une question qui reste sans réponse

C’est là que le problème devient institutionnel.

Quarante-huit heures. Pas un communiqué, pas une déclaration, pas même un message rassurant de l’ambassade camerounaise à Abidjan. Pour des compatriotes qui suivent l’affaire depuis Douala, Yaoundé ou la diaspora, ce silence pèse lourd.

Pourtant, le rôle d’une représentation diplomatique est précisément d’intervenir quand un ressortissant est aux prises avec la justice d’un pays étranger. C’est son mandat. Pas celui des blogueurs ou des influenceurs, qui comblent aujourd’hui un vide que l’institution devrait occuper.

Plusieurs voix demandent que la justice ivoirienne tienne compte du contexte complet : la provocation initiale, le caractère ancien de la vidéo, et le fait que des personnalités ivoiriennes ayant tenu des propos similaires ont été accueillies au Cameroun sans incident.

Le signal envoyé par ce silence est mauvais.

Christiane Tamoura Engo

Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l’actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l’Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s’attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu’ils soient au pays ou dans la diaspora.

📰 Voir tous ses articles →

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.