En quête de solutions | Et si on investissait dans la santé physique de nos enfants ?

Nous le savons, la sédentarité est en hausse chez les jeunes Québécois qui sont de moins en moins nombreux à respecter les recommandations d’activité physique. Le temps d’écran est évidemment montré du doigt, mais l’avènement des loisirs numériques n’est pas le seul responsable. Pratiquer un sport est presque devenu un privilège, peu importe l’âge.


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L’an dernier, La Presse rapportait l’explosion des coûts liés au sport scolaire, allant souvent d’une centaine de dollars à quelques milliers de dollars simplement pour l’équipement et les frais d’adhésion à une discipline⁠1.

Cela est sans compter les frais liés à la compétition lorsque les jeunes doivent se déplacer vers des tournois, faisant rapidement grimper la facture d’essence, de restaurants et d’hôtel des parents. Il va sans dire que le sport scolaire est de moins en moins accessible.

Il n’est pas rare qu’un parent doive choisir entre les frais liés à la cantine de l’école et les frais d’adhésion à un sport. On s’entend que le choix est plutôt facile, même si on valorise l’activité physique.

Dans des écoles primaires en région, les programmes « maison » de mini-basketball ou de mini-volleyball sont souvent portés à bout de bras par le personnel scolaire, accompagné de parents qui donnent du temps bénévolement pour que les enfants puissent faire des entraînements et parfois avoir la chance de jouer des matchs contre les élèves d’autres écoles.

C’est donc grâce à ces gens passionnés que les enfants ont la possibilité d’être initiés au sport dans certaines écoles. Mais encore là, le prix d’adhésion est d’une centaine de dollars. Il favorise donc les enfants issus de familles plus aisées, ou celles pour qui le sport est primordial.

J’ai eu la grande chance de naître dans une famille où le sport était grandement valorisé, voire obligatoire. Dans la municipalité où j’ai grandi, il y avait peu d’options. C’est pourquoi mes parents nous ont inscrits à tout, mon frère et moi, afin que nous puissions trouver notre passion. Il faut dire qu’à l’époque, les frais d’adhésion étaient beaucoup moins élevés et en bonne deuxième de famille, j’héritais souvent des vieux équipements de mon grand frère.

Soccer, hockey, ballet jazz, planche à neige, patinage de vitesse, natation, karaté, j’ai trempé l’orteil dans chacune de ces disciplines avant de trouver ma voie.

Quand j’y repense, je comprends que la motivation de ma mère n’était pas que nous devenions champions de toutes les disciplines, elle voulait simplement s’assurer que nous ayons le choix. Mais plus important encore, elle espérait que le sport deviendrait naturel dans nos vies. Que bouger ne soit pas une corvée, mais un réel plaisir. On peut dire que c’est mission accomplie pour nous.

Je ne dis pas que c’est la recette magique, mais la plupart des gens qui ont été initiés au sport dès leur plus jeune âge ont intégré l’importance d’avoir un mode de vie actif tout au long de leur vie.

Des études en psychologie du sport et en santé publique ont d’ailleurs montré qu’il existait une certaine continuité des habitudes. Les enfants qui sont actifs ont plus de chances de le rester une fois à l’âge adulte. Ce n’est cependant pas une garantie, plusieurs facteurs entrent en jeu et le plus important est probablement le plaisir que l’on éprouve lorsqu’on pratique un sport.

Les personnes qui demeurent actives longtemps sont celles qui ont trouvé l’activité qui leur plaît vraiment et celles qui bougent parce que cela les fait sentir bien, pas parce qu’elles y sont obligées.

En fin de compte, c’est la relation que l’on développe avec l’activité physique qui est importante. Un jeune qui déteste ses cours d’éducation physique, qui fait des cauchemars en pensant au fameux test « bip-bip » et qui est forcé de jouer au soccer pendant l’été, n’intégrera pas automatiquement le sport à son mode de vie.

Il faut aimer ça, bien évidemment. Mais pour aimer quelque chose, il faut d’abord avoir l’occasion d’y être initié et c’est ce qui, à mon avis, pourrait être amélioré au Québec : l’accès à l’activité physique, tout simplement.

Doit-on prendre exemple sur le modèle finlandais qui met le mode de vie actif au cœur de son programme éducatif ou encore sur le modèle slovène où le calendrier scolaire consacre plusieurs jours par année au sport ? Les solutions innovantes sont nombreuses. Il suffit d’avoir un peu de volonté et de considérer la santé physique de nos enfants comme une priorité pour y investir l’argent nécessaire.

Le gouvernement a donc sa part de responsabilité s’il veut d’une société où les jeunes sont actifs. L’autre part revient évidemment aux parents et je suis bien placée pour savoir que la pression sur les parents semble plus grande que jamais : il faut accompagner l’enfant dans sa découverte alimentaire et lui transmettre de saines habitudes, s’assurer qu’il joue suffisamment dehors et qu’il n’ait pas trop de temps d’écran. Il faut l’initier au sport, mais éviter la spécialisation précoce, valoriser l’effort plutôt que la performance, être un modèle tout en respectant le rythme et l’autonomie de l’enfant, bref, une chatte n’y retrouverait pas ses petits !

En essayant de trop bien faire, on en vient parfois à oublier le plaisir. Et le plaisir de bouger, il est essentiel. Peu importe le sport, peu importe l’activité, bougeons pour le plaisir avec nos enfants. Parce qu’investir dans leur santé physique, c’est garantir leur bien-être.


1. Lisez le dossier de 2025 « Donner le coût du sport »


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