Selon un correspondant de l’agence de presse vietnamienne (VNA) en reportage depuis l’Afrique, le nombre de morts dus à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a dépassé les 500.
Un bulletin d’information sur la situation épidémiologique publié par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le 6 juillet indique que depuis le début de l’épidémie à la mi-mai, la République démocratique du Congo a enregistré 1 561 cas, dont 506 décès, soit un taux de mortalité de 32 %. 254 personnes sont guéries, tandis que 354 cas suspects de fièvre hémorragique Ebola sont encore en cours de vérification.
Plus de 500 personnes sont mortes d’Ebola en République démocratique du Congo. Photo : Reuters
En Ouganda voisin, où l’épidémie est mieux maîtrisée, on déplore deux décès. Sur les 20 cas confirmés, 16 patients sont guéris.
Certains experts estiment que l’épidémie actuelle d’Ebola s’aggrave en raison des réductions de l’aide apportée par les États-Unis et certains pays occidentaux.
Bob Kitchen, vice-président du Comité international de secours (IRC), une organisation non gouvernementale œuvrant dans le domaine de l’aide humanitaire et du développement, a fait remarquer que la République démocratique du Congo est confrontée à cette épidémie dans un état de vulnérabilité et de préparation plus précaire que lors de l’épidémie d’Ebola de 2018-2020, qui a fait plus de 2 000 morts.
Angela Rasmussen, virologue et présidente du Conseil scientifique du Save America Movement, une organisation non partisane vouée à la protection des valeurs américaines, affirme que les coupes budgétaires dans l’aide étrangère ont « clairement exacerbé » la crise d’Ebola en Afrique centrale.
Mme Rasmussen a reconnu que la décision de réduire le financement des infrastructures essentielles, auparavant soutenues par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), avait entraîné une recrudescence des violences et un affaiblissement considérable des capacités d’intervention dans la zone touchée par l’épidémie. Selon elle, la guerre civile prolongée et le sous-développement des transports ont limité l’accès aux zones affectées. De plus, les coupes budgétaires ont érodé la confiance du public envers les travailleurs humanitaires et médicaux, rendant le traçage des contacts et le traitement d’Ebola plus difficiles, voire dangereux dans certains cas. La suppression du système de chaîne du froid financé par l’USAID a également provoqué la détérioration de nombreux échantillons lors de leur transport vers les laboratoires d’analyses biologiques, retardant ainsi la détection du virus.
Partageant cet avis, Jade Le, spécialiste des maladies infectieuses, estime que la politique de réduction de l’aide étrangère a « indéniablement » compliqué la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Selon elle, l’USAID joue depuis longtemps un rôle crucial dans le renforcement des capacités sanitaires de pays comme la République démocratique du Congo, notamment en formant le personnel soignant à la reconnaissance des symptômes d’Ebola, en fournissant des kits de dépistage et des équipements de protection individuelle, et en contribuant au transport des échantillons vers les laboratoires capables d’identifier le virus.
En juillet dernier, l’USAID a officiellement cessé ses activités. Cette décision s’inscrivait dans le cadre d’un programme de réduction des dépenses mis en œuvre par le Département américain de l’efficacité gouvernementale (DOGE).
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