Cette année, sans vouloir établir le hit-parade de l’émotion suscitée par le départ inopiné de Papa Wemba, il y a dix ans, c’est à nouveau en Côte d’Ivoire que les mélomanes ont revécu, le 24 avril, place Anoumabo de Marcory, le choc mémoriel lors de la cérémonie organisée à l’initiative du groupe Magic System, en partenariat avec la ville de Marcory.
Pendant cette cérémonie en son honneur, l’artiste congolais a été élevé à titre posthume au rang de Grand citoyen de la commune. La municipalité a également inauguré une rue à son nom. Une messe solennelle a été dite en son honneur à la paroisse catholique de Saint-Pierre de Blockhauss, suivie d’une veillée artistique ponctuée de prestations musicales reprenant les œuvres de cette icône musicale.
« Papa Wemba, au-delà de la musique, c’est une histoire qu’il a créée entre le Femua, la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo, parce que, pour un artiste de sa trempe, venir tenir le micro à ce festival, c’est quelque chose d’inoubliable », a confié A’Falso, écartant la thèse de l’empoisonnement, privilégiant plutôt celle d’une mort à la suite d’une crise cardiaque. Il a justifié la tenue de l’organisation des activités parallèles en son honneur pour l’immortaliser dix ans après ce drame scénique.
Du côté de Kinshasa, une conférence en hommage à Papa Wemba s’est tenue le même jour au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale, communément appelé « Grand tambour ». Cette rencontre a réuni des intervenants issus des milieux de la musique ayant côtoyé l’artiste, des médias, ainsi que du public. Ensemble, ils ont échangé autour
de différentes thématiques liées à l’héritage laissé par cette icône de la musique congolaise.
Les échanges ont notamment porté sur la singularité de la musicalité de Papa Wemba, son style, la mentalité positive qu’il a transmise, ainsi que ses valeurs à travers les générations.
« J’ai particulièrement apprécié sa curiosité musicale. C’était un artiste ouvert à toutes les influences, sans tabou. Il explorait divers styles, avec une réelle volonté d’innovation, notamment à travers la rumba rock », a expliqué Jean Goubald Kalala, artiste musicien et philosophe.
Concernant l’héritage moral laissé par l’artiste, les intervenants ont souligné son influence sur la jeunesse, à travers ses conseils de vie et son encouragement à l’entrepreneuriat.
« Chance eloko pamba, ligablo eza nga te », a rappelé Anne Kanza Kanku en évoquant les messages de motivation véhiculés par la voix inimitable de Papa Wemba dans ses œuvres.
Intervenant sur la question de la préservation de cet héritage, le comédien Goubald a insisté sur le rôle des institutions publiques.
« L’État a un rôle majeur à jouer, notamment en matière d’encadrement et de formation. Nous, formateurs en musique, travaillons souvent de manière isolée. Pourtant, il s’agit d’un patrimoine qui nécessite une prise en charge structurée. Cette responsabilité incombe en priorité aux autorités compétentes », a-t-il déclaré.
Dans le même esprit, Arsène Kamango a appelé à entretenir la mémoire de l’artiste. « Papa Wemba demeure un souvenir vivant. On retient son âme, ce grand frère, cette voix unique. Comme on le dit, l’homme disparaît, mais l’artiste survit à travers son œuvre », a-t-il conclu.
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