C’est un ressenti qui alimente de nombreuses conversations. Il fait chaud, très chaud pour certains. À Case-Pilote, 27° le vendredi 7 août.
« C’est difficile. Chez moi, je ferme partout et j’ouvre le soir. Les plantes ne sont pas contentes. »
Pilotins du nord
« C’est invivable. Dans toute la commune, on voit que la température est entre 35 et 40. »
Des températures normales pour la saison
Et pourtant, du Nord au Sud, pas plus de 34 degrés relevés. Des températures, selon les experts, normales pour la saison. Mais la chaleur ressentie s’explique pour autant.
« Le sol, le bitume, le béton, le carrelage… Tout ce qui est chauffé par le soleil est énormément chauffé parce que le soleil est très haut dans le ciel. Il est quasiment à 90 degrés, fin juillet. Donc, il doit être à 87 ou 88 degrés. Ça veut dire que les rayons du soleil arrivent quasiment à la verticale. Si on a les mêmes conditions, par exemple, au mois de février, cette chaleur, on la ressent moins parce que le soleil, à ce moment-là, est bien plus incliné. Donc, il chauffe moins directement le sol et tout l’environnement. »
Jean-Noël Degrace, météorologue
Un déficit de pluie qui frappe durement les agriculteurs
À cette chaleur s’ajoute le déficit de pluie, un véritable cauchemar pour les agriculteurs. Sur les hauteurs de la commune, Jean-Pierre en fait les frais. Persil, oignon, laitue, thym, 8 hectares en souffrance depuis plusieurs semaines.
« Le sol, c’est de la roche. Et quand c’est sec comme ça, la plante absorbe l’eau. C’est sec, il n’y a pas d’eau. Et la terre est complètement chaude. Donc, rien ne peut pousser. Si la racine n’est pas alimentée, ça ne peut rien donner. C’est de l’argent perdu, c’est de la main d’œuvre, c’est du travail pour rien. »
Jean-Pierre, agriculteur
Cette année, le manque de pluie est exceptionnel. Une situation qui interpelle les météorologues.
« Il faut bien parler d’une chose, c’est du phénomène El Nino. C’est le phénomène qui est en train de dérégler tout ce qui se passe. On a un trimestre complet avec un déficit de pluie de 50, 60, 70% sur beaucoup d’endroits de la Martinique. C’est quasiment du jamais vu parce qu’on le redit, mais normalement, à partir du mois de mai, fin mai, on attaque la saison des pluies. »
Quelques averses sont attendues ce week-end, mais aussi la semaine prochaine. De quoi rafraîchir l’air. Mais de la pluie, il en faudra beaucoup pour compenser le déficit qui perdure depuis trois mois.
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