Le drame survenu récemment au Parc national de la Lopé soulève une onde de choc qui dépasse le cadre du simple fait divers. Ernie Dosio, un chasseur américain de 75 ans, a trouvé la mort, piétiné par une charge d’éléphants alors qu’il participait à un safari facturé à 26 millions de FCFA. Si la tragédie humaine est indéniable, ce drame dévoile au grand jour l’existence d’un braconnage de luxe légalisé.
Il est connu de notoriété publique que depuis 2023 et l’adoption en conseil des ministres de la loi n°016/01 du 31 décembre 2001 notamment ses articles 68, 92 et 297, il est des espèces interdites à chasser. Du majestueux éléphant de forêt aux tortues marines, en passant par le mandrill et le buffle, la chasse est strictement interdite. Pour le citoyen lambda ou le chasseur villageois, s’attaquer à ce patrimoine expose à des peines de prison fermes et des amendes lourdes au nom de la « tolérance zéro » contre le braconnage.
Le deux poids, deux mesures dans la protection de la faune ?
Ce n’est peut-être qu’une vue de l’esprit issue des éléments préliminaires sur le dossier mais comment expliquer, dès lors, qu’une autorisation de chasse puisse être délivrée contre une somme astronomique pour chasser une antilope rare du Gabon ? Alors que l’État mobilise des éco-gardes, eux-mêmes précarisés selon leurs dires, pour traquer les chasseurs de subsistance, il est possible d’octroyer le permis à des millionnaires étrangers. Où est donc l’éthique de notre conservation faunique ?

Le gabonais est en droit de se poser cette question sans pourtant faire un procès d’intention à l’État. Le chiffre, 26 millions de FCFA pour un safari, a été avancé par plusieurs sources selon le très sérieux Figaro et notre confrère local Gabonews. Est-ce à dire que l’administration semble valider l’idée que la protection de la biodiversité s’efface devant le pouvoir financier ? Une chose est sûre, c’est que ce drame à la Lopé agit comme un rappel de la réalité sauvage et pose une question de justice sociale. À bon entendeur…

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