Gabon : Oligui Nguema exige des résultats de ses ministres – Africtelegraph

Au Gabon, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a placé l’an II de son pouvoir sous le signe de l’exigence de résultats. Le chef de l’État, arrivé au sommet à la faveur du coup de force du 30 août 2023, prévient désormais les membres de son gouvernement : la reconduction dans leurs fonctions dépendra strictement de leur capacité à délivrer. Faute de performances mesurables, les portefeuilles ministériels changeront de main. L’avertissement, formulé à Libreville, marque un tournant dans la séquence politique post-transitoire.

Une mise en garde adressée à l’exécutif gabonais

L’injonction présidentielle traduit une volonté affichée de rompre avec l’inertie administrative dénoncée durant la première année du pouvoir issu du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Oligui Nguema, élu président de la République lors du scrutin du 12 avril 2025, entend désormais arrimer son action à des indicateurs concrets : exécution budgétaire, livraison d’infrastructures, redressement des services publics. Le message envoyé aux ministres est sans ambiguïté : les promesses ne suffiront plus.

Cette pression nouvelle s’inscrit dans un contexte où l’opinion publique gabonaise, mobilisée lors de la transition, attend des effets tangibles sur le quotidien. Routes dégradées, délestages électriques récurrents à Libreville et Port-Gentil, tensions sur l’approvisionnement en eau potable : les chantiers ouverts par le pouvoir sont nombreux. Reste que la capacité d’absorption administrative et la fluidité de la dépense publique demeurent des points faibles que le chef de l’État entend corriger par la menace de la sanction politique.

L’an II d’un pouvoir à l’épreuve de la performance

La méthode adoptée par le palais présidentiel marque une inflexion notable. Durant les premiers mois suivant la chute du régime d’Ali Bongo Ondimba, le discours officiel s’articulait autour de la restauration des institutions et de la consolidation de la stabilité. Le tempo a changé. Désormais, l’exécutif gabonais est sommé de produire des livrables et de rendre compte. Cette logique de résultats rapproche la gouvernance Oligui d’un management par objectifs, étranger à la culture administrative gabonaise façonnée par des décennies de continuité bongoiste.

Sur le plan économique, la pression est d’autant plus vive que le Gabon, sixième producteur africain de pétrole, doit composer avec une production en déclin et une diversification encore embryonnaire. Le pays cherche à valoriser ses ressources minières, notamment le manganèse, et à dynamiser sa filière bois. Les ministères en charge de ces portefeuilles stratégiques figurent parmi les plus exposés à la grille d’évaluation présidentielle. À cela s’ajoute la nécessité d’apurer la dette intérieure et de rétablir la confiance des bailleurs internationaux après une période d’incertitude institutionnelle.

Un signal politique aux multiples destinataires

Au-delà du gouvernement, l’avertissement présidentiel s’adresse à plusieurs cercles. Aux cadres du futur appareil politique du chef de l’État, d’abord, désormais prévenus que les loyautés ne sauraient se substituer aux compétences. Aux partenaires extérieurs, ensuite, à qui Libreville entend démontrer la solidité d’un pilotage exigeant. Aux populations, enfin, dont l’adhésion au nouveau pouvoir reste largement adossée à la perspective d’une amélioration des conditions de vie.

La mise en demeure pose néanmoins une question de fond : sur quelle base objective les performances ministérielles seront-elles jugées ? L’absence d’un cadre formalisé d’évaluation, comparable aux feuilles de route assorties d’indicateurs déployées dans certains pays voisins, laisse une part importante d’appréciation discrétionnaire. Cette zone grise conforte l’autorité présidentielle mais expose aussi à des arbitrages perçus comme politiques plutôt que techniques.

Reste à observer la traduction concrète de cette doctrine dans les semaines à venir. Un éventuel remaniement ministériel, dont la rumeur circule régulièrement à Libreville, constituerait le premier test de crédibilité de la promesse présidentielle. Pour l’heure, l’équipe en place sait que le sursis dépend désormais des résultats produits sur le terrain. Selon Info 241, le chef de l’État gabonais a clairement conditionné le maintien de ses ministres à l’obtention de résultats tangibles durant cette deuxième année de son magistère.

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