Ghana : une unité de production d’engrais organique de 8 millions € en préparation

En Afrique de l’Ouest, la dépendance aux importations expose plusieurs pays aux chocs du marché mondial. Entre nouveaux investissements dans les engrais chimiques et développement de l’offre en engrais organique, le Ghana cherche la parade.

Au Ghana, l’entreprise Omanbapa AgriTech a signé, le 28 juillet dernier, un protocole d’accord avec le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture pour construire une usine de fabrication d’engrais organiques évaluée à 10 millions $ (8,6 millions €).

Selon les détails relayés par la compagnie, la première phase du projet consistera en l’installation d’une unité de mélange, avant une montée en gamme vers une usine de transformation complète capable de produire localement des fertilisants organiques destinés d’abord au marché ghanéen, puis, à terme, aux marchés régionaux.  

L’usine devrait ainsi démarrer avec une capacité initiale comprise entre 20 000 et 30 000 tonnes par an, avant de monter en puissance jusqu’à 60 000 tonnes par an. Le site du projet reste à être déterminé entre les régions d’Ashanti et d’Ahafo.

Pour son approvisionnement, Omanbapa AgriTech compte utiliser des résidus agricoles, notamment des spathes de maïs et d’autres déchets de cultures, ce qui permettra de créer une nouvelle filière de valorisation de la biomasse agricole.

Une course pour réduire les achats

Cette nouvelle installation, une fois finalisée viendra s’insérer dans un paysage ghanéen déjà doté de plusieurs unités de production d’engrais organiques, réparties entre Accra, Ashanti et d’autres zones agroindustrielles du pays.

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Selon les données du Centre international pour le développement des engrais (IFDC), à Jamestown, à Accra, la Ga Mashie Aerobic Compost Plant produit ainsi du compost organique depuis 2013, avec une capacité d’environ 48 tonnes par an.

Toujours dans la capitale, à Adjen Kotoku, l’Accra Compost & Recycling Plant (ACARP) fabrique également du compost organique depuis 2012 alors qu’à Tema la JVL Fortifier Compost Plant produit du compost organique depuis 2017, avec une capacité comprise entre 200 et 250 tonnes par an.

Au-delà, l’initiative d’Omanbapa AgriTech s’inscrit dans un contexte où le pays, 3ème consommateur d’engrais en Afrique de l’Ouest après le Nigéria et le Mali cherche depuis plusieurs années à développer son industrie.  

En effet, si d’après IFDC, l’ex-Gold Coast a vu officiellement ses achats de fertilisants chuter de 40 % entre 2022 et 2023 (425 110 tonnes à 292 349 tonnes), cette baisse est davantage liée aux problèmes de subventions par le gouvernement qu’à une substitution par une offre locale. En 2024, selon les données de la plateforme TradeMap, le pays a importé pour 293 millions $ (254 millions €) d’engrais contre 241 millions $ (209 millions €) en 2023.

Face à cette situation, des efforts sont en cours pour renforcer davantage l’écosystème industriel ghanéen des engrais. En août 2025, une nouvelle usine de mélange d’engrais a été inaugurée dans le district de Shai Osudoku. D’un coût total de 3,5 millions $ (3 millions €), cette nouvelle infrastructure développée par Invess Agriculture Ltd en partenariat avec Nitron Group et gérée par AAA Infrastructure Ghana Ltd, affiche une capacité de production de 385 000 tonnes d’engrais granulés. 

Dans le même mois, le gouvernement a signé un partenariat avec le groupe qatari Al Jedad Holdings et Granum Limited construire une usine de production primaire d’engrais chimiques à Atuabo, dans l’ouest du pays, pour un investissement de 5 milliards $ (4,3 milliards €). L’usine qui exploitera le gaz naturel et la roche phosphatée pour produire notamment de l’urée et l’ammoniac, devrait créer plus de 2 000 emplois directs.

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