Guerre au Soudan | L’ONU alerte sur les conditions de retour de 4 millions de déplacés

(Genève) Près de quatre millions de déplacés sont rentrés volontairement chez eux au Soudan, mais ces retours sont rendus difficiles par le manque d’infrastructures et de services essentiels, a alerté mardi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).


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Beaucoup de ces 3,99 millions de déplacés, dont les retours ont été enregistrés de novembre 2024 à fin mars 2026, « espèrent reconstruire leur vie après des mois de conflit », a écrit l’OIM dans un communiqué.  

« Mais sans investissements urgents pour rétablir les services essentiels, reconstruire les infrastructures et relancer les moyens de subsistance, ces retours risquent de devenir insoutenables », ajoute l’organisation.

La grande majorité des personnes qui rentrent chez elles étaient déplacées à l’intérieur du Soudan.

Certains « rentrent, car ils estiment que la sécurité s’est améliorée, d’autres […] à cause des difficultés économiques, du désir de retrouver leurs familles ou de la dégradation des conditions de vie dans les pays voisins », a expliqué depuis le Soudan Sung Ah Lee, directrice générale adjointe de l’organisation, lors d’un point de presse à Genève.

Mais pour beaucoup, le retour au foyer revient à « se retrouver confronté à des services détruits, des maisons endommagées et une nouvelle incertitude », a-t-elle ajouté.

Selon l’OIM, les retours se sont concentrés principalement à Khartoum et dans l’État agricole d’al-Jazirah, au sud-est de la capitale.

La guerre qui sévit depuis trois ans entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a fait des dizaines de milliers de morts et plongé plusieurs régions dans la faim et la famine.

Au plus fort du conflit, près de 12 millions de personnes ont fui les zones les plus touchées, notamment al-Jazirah, Khartoum et certaines parties des États du Sennar et du Kordofan, cherchant refuge dans d’autres régions, rappelle l’OIM, précisant que plus de 4 millions avaient par ailleurs fui vers les pays voisins.  

« Aujourd’hui, près de 9 millions de personnes sont toujours déplacées à l’intérieur du pays », exerçant « une pression constante sur les services et les ressources des communautés d’accueil », notamment dans les États de l’est, tels que Kassala, Gedaref et la mer Rouge, ainsi que les États du Nord et du Nil.

À Khartoum, « les retours augmentent rapidement, exerçant une pression supplémentaire sur les infrastructures urbaines déjà endommagées par des mois de combats », indique l’OIM, alors qu’à al-Jazirah, le manque d’équipements « menace leurs moyens de subsistance et la production alimentaire ».  

L’organisation indique que son Plan de réponse à la crise 2026, qui s’élève à 170 millions de dollars, est sous-financé, car il manque encore 97,2 millions.

« Il s’agit d’un moment crucial pour le Soudan », souligne l’organisation, qui prédit que plus de 2 millions de personnes supplémentaires devraient retourner à Khartoum en 2026.  

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